Par Redaction | jeu, 12/01/2012 - 14:28

La volonté annoncée par la France de faire adopter une loi réprimant la négation du génocide arménien a provoqué des remous dans les secteurs de l’importation en Turquie. Les fournisseurs tentent d’épuiser rapidement leurs stocks de marchandises françaises, craignant un boycott imminent de ces produits par les Turcs.
Les importateurs turcs tentent de se débarrasser des produits français par crainte d’un boycott massif de ces produits en Turquie, en raison des tensions entre les deux pays, suite à l’adoption par la France d’une loi très controversée sur la question arménienne. Ce texte de loi a provoqué la colère des dirigeants turcs qui ont immédiatement rappelé leur ambassadeur, rompant tout contact et suspendant toute coopération militaire. Malgré ces sanctions politiques, le gouvernement turc a décidé de ne boycotter aucun produit français et n’a pas encouragé les compagnies privées sur cette voie. En revanche, des ONG turques ont lancé un appel aux consommateurs leur demandant « de ne pas privilégier les produits français ». Une attitude similaire a été observée chez certains importateurs, comme le montrent les données d’une entreprise turque de troc. A mesure que la volonté de boycotter les produits français a pris de l’importance chez les consommateurs, de plus en plus d’entreprises turques d’import-export ont trouvé le moyen d’organiser des échanges sous forme de troc, dans l’espoir de se débarrasser de leurs stocks de marchandises françaises.
Les entrepreneurs turcs gardent encore espoir
Orhan Besle, le PDG de l’entreprise Sistem Barter, a confié dimanche dernier à des journalistes d’Istanbul que le nombre de produits français mis en troc sur leur site web, takasdepo.co, a récemment atteint le nombre de 10.000. « Les entreprises s’empressent d’échanger les produits qu’elles avaient précédemment importés de France contre des automobiles ou des biens immobiliers », explique l’entrepreneur turc. Orhan Besle affirme notamment que les entreprises d’import-export appliquent des réductions allant de 15 à 30 % sur les produits français, afin d’attirer davantage de clients. Il affirme également que la majorité des produits français mis en troc sur leur site internet sont essentiellement des produits textiles et des cosmétiques. En 2010, la Turquie a exporté un volume de 8,2 milliards de dollars de marchandises vers la France. Ce chiffre était de 7,8 milliards en 2011. M. Besle précise que les entreprises craignent que davantage de consommateurs en Turquie boycottent les produits français si la loi sur la négation du génocide arménien est effectivement promulguée. Pourtant, les entrepreneurs turcs espèrent encore un changement de position des autorités françaises. « Il subsiste toujours, dans certains milieux, l’espoir que ce projet de loi soit finalement abandonné. Beaucoup d’entreprises attentent patiemment que cela se produise », ajoute Orhan Besle.
