Les liens méconnus entre Rousseau et la Turquie

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A l’occasion du tricentenaire de la naissance de Jean-Jacques Rousseau, le lycée français Notre-Dame de Sion d’Istanbul organise une série d’événements culturels. L’occasion de découvrir les liens qui unissent le célèbre écrivain et philosophe à la Turquie.

Rousseau n’a jamais mis les pieds sur les terres ottomanes mais, comme beaucoup de philosophes et d’encyclopédistes de son époque, il fut largement imprégné par les représentations de la Sublime Porte. C’est ce que montre l’exposition organisée par le lycée français Notre-Dame de Sion d’Istanbul. Dans son œuvre, cet imaginaire prend des formes spécifiques liées aux récits de son père, Isaac Rousseau. Ce dernier a séjourné dans la communauté genevoise, à Péra, dans un des quartiers d’Istanbul de1705 à 1711 où il fut horloger du Sultan puis régleur des pendules du Palais de Topkapi, une fonction très importante, puisque ces horloges étaient destinées à donner l’heure exacte des prières. Il rentre à Genève juste avant la naissance de Jean-Jacques, le 28 juin 1712. Par ailleurs, il est de notoriété publique que Mustafa Kemal était un fervent lecteur de Rousseau. «Dans le musée d’Atatürk, il y a un exemplaire du Contrat social annoté de la main de l’homme d’Etat turc» relate Martin Stern, responsable des projets culturels au lycée Notre-Dame de Sion. 
 
Présenter la vie de Rousseau au plus grand nombre
Toutefois, peu d’études sont consacrées à l’influence du Contrat social comme de l’œuvre complète de Rousseau sur la pensée politique d’Atatürk ou, plus généralement encore, sur la réception de ses écrits chez les hommes politiques, les intellectuels et les écrivains turcs. Une exposition, un colloque international, des concerts et des spectacles ont été organisés au lycée français d’Istanbul, dans la métropole turque. L’objectif global de ces événements est de préciser l’influence philosophique, politique et littéraire de Rousseau dans la Turquie moderne et contemporaine. L’exposition «Rousseau et la Turquie, rêveries et théories», déploie des manuscrits spécialement importés de Genève pour l’occasion. Tous font référence à l’Empire ottoman. L’événement sous la direction de Monika Schumtz Kirgöz, consul général de la Confédération suisse à Istanbul et de Hervé Magro, consul général de France, aspire à présenter la vie du philosophe et son œuvre au plus grand nombre. L’exposition est ouverte jusqu’au 2 juin.
Paris

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