Par SINAN ONCUOGLU | jeu, 02/02/2012 - 11:11

L’opposition de Nicolas Sarkozy à l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne ne doit pas occulter les origines familiales du président de la République qui plongent leurs racines dans l’Empire ottoman. Le grand-père maternel de Nicolas Sarkozy, Benedict Mallah, est né effectivement à Salonique en 1890.
On connaît l’opposition farouche de Nicolas Sarkozy à l’entrée de la Turquie dans l’Europe. On connaît moins les origines ottomanes du président de la République française, issu de la communauté juive de Thessalonique. Toute l’aventure ottomane des ancêtres de Nicolas Sarkozy, du côté maternel, remonte aux temps de l’Inquisition espagnole. A la fin du XVe siècle, les Juifs de la péninsule ibérique sont forcés de se convertir au catholicisme et dès 1492, sont expulsés. De nombreux Juifs choisissent alors d’aller trouver refuge en Italie, tandis que d’autres émigrent vers l’Empire ottoman où le sultan Bajazet II ordonne de bien les accueillir. Des 235.000 sépharades présents en Espagne et au Portugal, 85.000 arriveront à Salonique, alors territoire ottoman. Benedict Mallah, le grand-père maternel de Nicolas Sarkozy prénommé à l’origine Aaron Mallah, est né à Salonique en 1890 et est l’aîné des sept fils de Mordechai Mallah, un bijoutier reconnu dans la ville.
Des liens historiques occultés
A la mort de Mordechai en 1904, Benedict quitte Salonique avec sa mère. Ils partent s’installer dans la banlieue sud de Paris, Benedict a alors 14 ans. Après avoir obtenu une licence en médecine, il décide de rester en France. Entre-temps Salonique est reconquise en 1912 par les Grecs et devient Thessalonique. Docteur dans l’armée française pendant la Première Guerre mondiale, Benedict rencontre alors Adèle Bouvier, issue d’une riche famille bourgeoise catholique de Lyon, avec qui il se marie en 1917. De leur union naîtra Andrée, qui se mariera ensuite à Pal Sarkozy. Et c’est ainsi que, depuis, perdure la lignée des Mallah au sein des Sarkozy de Nagy Bocsa. En visite à Thessalonique en 2006, le président de la République française avait déclaré : « mes racines sont ici », sous-entendu en Grèce. Mais Nicolas Sarkozy de Nagy Bocsa n’a jamais reconnu publiquement la moindre origine ottomane. Pourtant, ses racines doivent autant aux persécutions subies par les Juifs d’Europe qu’à l’accueil salvateur que l’Empire ottoman leur fit à Salonique. Le sultan Bajazet II aurait déclaré à l’époque : « Vous appelez Ferdinand (le roi d’Espagne) un monarque avisé, lui qui a appauvri son empire et enrichi le mien ! »
