Par Aydin Albayrak | jeu, 19/04/2012 - 14:41
Alors que les Franco-turcs s’apprêtent à voter pour élire le prochain président français, les politiciens turcs s’intéressent également à cet électorat. Depuis les réformes entreprises par Ankara pour leur faciliter le vote, ceux-ci sont devenus l’objet de toutes les convoitises politiques.
Il ne faudra pas s’étonner si en période de campagne électorale on voit dorénavant les politiciens turcs se rendre plus souvent à l’étranger. Avec l’adoption par la Commission parlementaire, en mars dernier, d’un projet de loi permettant aux citoyens turcs résidant à l’étranger de voter dans leurs missions diplomatiques, c’est près de 2,5 millions d’expatriés qui seront en mesure de voter à la prochaine élection générale. A cet égard, on pourrait voir dans les récents déplacements en France et en Autriche de Devlet Bahceli, chef du Parti du mouvement nationaliste (MHP), les prémices des campagnes électorales à venir, la première échéance étant celle des présidentielles en 2014. Les voix des expatriés turcs ne sont pas négligeables. Lors des élections générales de 2011, c’est grâce aux expatriés turcs, qui se sont rendus aux postes frontières pour pouvoir voter, que Muhammet Bilal Macit du Parti de la justice et du développement (AKP) a pu être élu au sein du Parlement. Sans leurs voix, l’AKP aurait perdu ce siège au profit du MHP.
Les expatriés turcs : une force politique qui compte
L’AKP avait en effet bénéficié de 62 % des votes effectués aux postes frontières, contre 26,4 % pour le Parti républicain du peuple (CHP) et 8 % pour le MHP. Avec le nouveau projet de loi, qui devrait être soumis au Parlement en mai, le vote des expatriés aura davantage d’importance pour les partis politiques, à supposer toutefois que la majorité des expatriés ait l’intention de voter. Le nombre d’expatriés turcs qui ont voté aux postes frontières lors des dernières élections générales n’était que de 129.283, alors que le nombre total d’électeurs turcs résidant à l’étranger est de 2.568.979, soit 5 % environ de l’ensemble de l’électorat turc, d’après les chiffres fournis par la Commission parlementaire constitutionnelle. Can Ünver, directeur du Centre de recherche sur l’émigration au sein du Centre turc des relations internationales et de l’analyse stratégique (TÜRKSAM) juge néanmoins ce chiffre exagéré. Le chercheur a en effet déclaré à Zaman que le nombre d’électeurs turcs résidant à l’étranger est de l’ordre de 1,2 million sur un total d’environ 6 millions de Turcs émigrés de par le monde, soulignant au passage qu’un certain nombre d’entre eux a adopté la citoyenneté de son pays de résidence. Il faut en tout état de cause s’attendre à ce qu’à l’approche des échéances électorales les leaders politiques turcs effectuent des tournées en Europe, où vivent la plupart des espatriés turcs.
Paris
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