Par Ensar Tuna Alatürk | jeu, 12/04/2012 - 14:45

Une étude du docteur Ismail Saglam réalisée auprès des Turcs de France fait ressortir leur besoin mais aussi leur exigence d’avoir des imams mieux formés religieusement et parlant le français. Des revendications qui coïncident avec l’enracinement des Turcs désormais soucieux d’être identifiés comme des «musulmans européens».
Le personnel religieux à l’étranger rencontre des problèmes dus à une méconnaissance de la langue. Le docteur Ismail Saglam, de la faculté de théologie de l’université d’Uludag a mené une enquête auprès des Turcs de France intitulée «L’efficacité du personnel religieux et des activités des mosquées» des Turcs vivant en France concernant les méthodes de communication du personnel religieux. Soulignant la réussite du personnel religieux possédant une bonne et solide éducation, le docteur Saglam a néanmoins déclaré que cela «peut ne pas être toujours suffisant». «La formation du personnel religieux est directement liée à la capacité de communiquer» insiste-t-il. En France, il existe environ 350 mosquées pour 500.000 Turcs et 150 représentants religieux sont envoyés de Turquie chaque année. D’après l’étude du docteur Ismail Saglam, 35,8 % des personnes interrogées pensent que les moyens de communication du personnel religieux utilisés avec les adultes, les jeunes et les enfants sont globalement suffisants. Concernant les moyens de communication des associations, ils sont jugés suffisants par 52,8 % des personnes interrogées alors que 11,4 % jugent ces moyens «insuffisants». Quant à la communication avec les jeunes, qui représentent environ 34 % des fidèles, 21,4 % estiment qu’elle est insuffisante.
La méconnaissance de la langue française est un problème
Le docteur Ismail Saglam estime que le plus grand problème réside dans la méconnaissance de la langue française, affirmant qu’aucun enseignement des langues n’a été mis en place à l’étranger. Pour l’universitaire, la toute première attente des Turcs vivant à l’étranger vis-à-vis du personnel religieux est leur compétence professionnelle. «Savoir très bien lire le Coran, prononcer les sermons du vendredi, pouvoir donner des réponses religieuses complètes [aux] questions» sont les principales exigences formulées par les Turcs de France. D’après Ismail Saglam, «le responsable religieux ne doit pas venir uniquement pour diriger la prière» mais «doit [également] pouvoir nous orienter à propos de tout sujet religieux» et «nous représenter dans les informations qu’il donne». «Il faut qu’il y ait de la profondeur dans ses connaissances, [et de la solennité] dans son habit comme dans sa pratique oratoire» précise le docteur Saglam. Le rapport souligne également l’importance de ne plus voir dans la communauté turque une simple population immigrée en quête de travail mais au contraire de parler dorénavant d’eux comme de «musulmans européens». «Au moins 50 % de nos concitoyens resteront là-bas. Il n’y a plus de génération partie pour gagner de l’argent et qui reviendra. Ces personnes constituent la 4e génération. Elles sont nées, ont grandi et vivent là-bas» explique Ismail Saglam. Autant de raisons de trouver pour ces musulmans «des personnes ayant un leadership et des compétences complètes».
Paris
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