Par Redaction | jeu, 29/12/2011 - 15:03

Un boycott civil contre les produits français a commencé à se mettre en place en Turquie à la suite du projet de loi sur la négation du « génocide arménien » adopté au Parlement et en attente de ratification par le Sénat. Bien que les actions se multiplient en Turquie, l’efficacité de ces campagnes n’est pas certaine.
En plus de mesures officielles annoncées par le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdoğan, de nombreux Turcs ont initié une campagne de boycott des firmes et des produits français afin de manifester leur mécontentement concernant l’adoption de la loi. Des députés socialistes ont annoncé la semaine dernière que « le projet de loi figurerait à l'ordre du jour du Sénat le plus tôt possible », et que dans le cas contraire, ceci risquerait de provoquer de vives réactions de la part de la communauté arménienne, ne faisant ainsi qu’empirer la situation déjà critique de la France. Bien que les mesures annoncées par le gouvernement turc vendredi dernier ne visent pas de boycott financier contre les entreprises françaises, la société civile turque a pris les devants afin de porter sérieusement préjudice à la France, tel que l’avaient prédit les autorités turques avant le vote du projet de loi. En dépit du fait que ces campagnes ont un impact plutôt symbolique, tel que le boycott des équipes de football françaises, d'autres risquent en revanche de porter sérieusement préjudice aux activités économiques françaises, comme en 2001, lorsque la France vit son taux d’exportation à destination de la Turquie chuter brutalement de 40 %, faisant suite à la reconnaissance du Sénat de la qualité de génocide concernant la tragédie de 1915. Les relations se sont par la suite rétablies après qu’un projet de loi similaire a été supprimé de l’ordre du jour du Sénat en 2006.
Un boycott qui n’a pas encore fait ses preuves
Déçus par les positions françaises, les Turcs à travers le monde s’échangent des listes de produits fabriqués en France ou de marque française afin de ne pas acheter ces produits à titre de contestation. Cependant, certaines de ces listes qui circulent sur internet n’ont en réalité pas grand-chose à voir avec l’industrie française, ce qui met en exergue la possibilité que les vives réactions auxquelles on assiste en ce moment soient en réalité un prétexte pour mener ce boycott sous couvert d’autres motifs.
En même temps, le projet de loi français n’a en rien affecté les projets des vacanciers turcs ayant prévu de visiter Paris pour les fêtes de fin d’année, selon les affirmations de l’agence de presse Anatolia. D’après des informations fournies par les agences de voyages, les tours organisés « tout inclus » afin de visiter la France à prix réduit et avec une prise en charge quasi complète étaient pris d’assaut par les Turcs pour la saison, de même qu’aucune réservation n’a été annulée après l’adoption du projet de loi. En attendant, le ministre des Affaires étrangères, Ahmet Davutoğlu, s’attendait à ce que la France contribue aux côtés de la Turquie aux recherches prévues autour des évènements de 1915 par le biais d’une commission d’histoire, tel que laissaient prévoir ses entrevues avec son homologue français, Alain Juppé.
