L'ombre du FN plane sur le second tour

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Troisième force politique du 1er tour des présidentielles, le Front national a une nouvelle fois réussi un véritable hold-up politique. En réunissant près de 18 % des voix, Marine Le Pen s’est donc imposée comme l’arbitre principale du second tour qui opposera le président sortant Nicolas Sarkozy au chef de l’opposition François Hollande. D’après le politologue Jean-Yves Camus, cette question se posera d’abord au candidat de la droite Nicolas Sarkozy qui aura besoin d’un réservoir de 80 % des voix frontistes s’il veut avoir une chance de remporter cette élection. Dès lors, les deux candidats vont être confrontés à un choix politique majeur : déterminer leur attitude et leur positionnement face aux thèses et au programme de Marine Le Pen. Deux hypothèses sont alors possibles : ou les candidats optent pour une posture de compromis avec l’extrême droite en concentrant leur campagne de second tour sur les thèmes de l’immigration ou de l’insécurité ; ou alors, une seconde voie de condamnation et de distanciation claire et sans ambiguïtés avec les idées du Front national. Cette problématique se pose également pour les échéances législatives qui vont suivre au niveau des triangulaires et qui risquent de reconfigurer totalement la carte des équilibres politiques en France. Un FN massivement présent à l’Assemblée nationale orienterait la production législative sur des terrains dangereux pour la cohésion nationale. L’engagement en faveur du droit de vote des étrangers formulé par François Hollande semble démontrer que le PS a fait son choix : celui de la critique. Quant à Nicolas Sarkozy, le bilan politique de son premier mandat ne penche pas en faveur d’un optimisme sur cette question. Le président sortant aura donc à démontrer très vite aux électeurs quel sera son choix stratégique non seulement pour le second tour mais aussi pour le scrutin des législatives. En ce sens, la mobilisation électorale des Franco-turcs le 6 mai prochain pourrait représenter un élément parmi d’autres qui déterminera la décision des deux candidats et au-delà, de l’ensemble des formations politiques du pays à l’égard du FN.

e.demir@zamanfrance.fr
Paris

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