L'UE évoque de possibles sanctions contre la Russie
Les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne, réunis lundi à Bruxelles, ont mis en garde la Russie contre des "mesures ciblées" si elle refuse de désamorcer la crise ukrainienne, tout en proposant leur médiation entre Kiev et Moscou au côté d'autres organismes internationaux.
Les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne, réunis lundi à Bruxelles, ont mis en garde la Russie contre des "mesures ciblées" si elle refuse de désamorcer la crise ukrainienne, tout en proposant leur médiation entre Kiev et Moscou au côté d'autres organismes internationaux.
Ils n'ont fixé aucune date butoir et n'ont donné aucune précision sur les mesures de rétorsion qu'ils pourraient être amenés à prendre contre Moscou.
Les chefs d'Etat et de gouvernement des Vingt-Huit se réuniront jeudi à Bruxelles pour un Conseil européen extraordinaire consacré à la crise ukrainienne, où des décisions pourraient être annoncées.
Le président ukrainien par intérim, Oleksander Tourtchinov, a déclaré lundi que la présence militaire russe continuait de s'accroître en Crimée et a exhorté Moscou à mettre un terme à son "agression".
"La situation est très claire", a souligné après la réunion de Bruxelles Catherine Ashton, porte-parole de la diplomatie européenne. "Il faut que ces soldats (russes) retournent dans leurs casernes" (...) Nous sommes très inquiets à propos des mouvements aériens, à propos des informations sur des mouvements de troupes."
"Nous voulons une désescalade, que les soldats (russes) reviennent là où ils étaient avant", a-t-elle ajouté.
Lors de leur réunion, les ministres européens ont cherché un équilibre entre les pressions à exercer sur Moscou et les moyens de ramener le calme sur le terrain.
L'Allemagne, la France et la Grande-Bretagne ont plaidé pour une médiation, si possible par l'intermédiaire de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), sans exclure des mesures économiques contre la Russie si celle-ci refuse de coopérer.
"Désescalade"
"La diplomatie en période de crise n'est pas de la faiblesse mais il est plus que jamais important de ne pas se laisser emporter dans la spirale de l'escalade militaire", a dit le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier.
"S'il n'y a pas de désescalade extrêmement rapide, (...) il y aura de nouvelles mesures et des mesures qu'on dit ciblées", a déclaré son homologue français Laurent Fabius, tout en soulignant la nécessité d'une médiation et d'un dialogue.
Le ministre polonais, Radoslaw Sikorski, a adopté une position plus dure. "L'UE reverra ses relations avec la Russie s'il n'y a pas de désescalade", a-t-il affirmé aux journalistes à l'issue de la réunion.
La Pologne a également demandé une nouvelle réunion d'urgence des pays membres de l'Otan, qui aura lieu mardi.
L'une des mesures envisagées par Bruxelles est la suspension des discussions entre l'UE et la Russie sur la question des visas, menées depuis 2007.
La possibilité d'un embargo sur les armes a aussi été evoquée mais aucune décision n'a été prise en raison des réserves de plusieurs pays membres.
Dans la soirée, le président français François Hollande s'est entretenu au téléphone avec le Premier ministre britannique David Cameron, a annoncé l'Elysée.
Les deux hommes ont souligné "la fermeté de la position adoptée par les Européens lors du Conseil des Affaires étrangères extraordinaire" à Bruxelles mais ont également marqué "la volonté de l'Union européenne de soutenir et de s'engager dans les efforts de médiation internationale, en relation avec l'Onu et l'OSCE".
Les forces russes ont pris ce week-end le contrôle de la Crimée, péninsule du Sud ukrainien où se trouve Sébastopol, principal port d'attache de la Flotte russe de la mer Noire.
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