Par Nihat Sarier | ven, 15/06/2012 - 12:14
Mots clés : Michel Berson, identité culturelle, communautarisme, Union Européenne, loi pénalisant negation du, Politique

Pour le sénateur socialiste de l’Essonne Michel Berson, la défense de l’identité culturelle ne doit pas être confondue avec le communautarisme. L’élu considère par ailleurs que «l’intégration passe notamment par l’investissement dans les associations et l’engagement politique».
Pensez-vous que l’islam a été stigmatisé ces dernières années par certains élus ?
En effet, il y a eu une certaine stigmatisation de l’islam qui est dommageable pour la cohésion de notre pays. La France est une république laïque et les religions ont la possibilité de s’exprimer, y compris dans le cadre de la sphère publique. Je pense que ceux qui cherchaient à opposer les Français entre eux ont échoué, et heureusement.
Sous le mandat de François Hollande, les relations entre la Turquie et la France vont-elles s’améliorer ?
Concernant l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne, il n’y a pas de refus de principe de la France. La Turquie a émis le souhait d’intégrer l’UE et le processus d’intégration est enclenché. Certes, il existe encore des points de blocage tels que Chypre, mais il n’y a pas de raison qu’ils ne puissent pas être surmontés. François Hollande avait dit qu’il était favorable à l’adhésion à condition que tous les critères d’adhésion soient respectés. Il a déclaré : «aujourd’hui, il y a un processus de négociation en cours, mais aucune condition majeure n’est actuellement réunie ; en conséquence, je pense que dans le temps du prochain quinquennat, il ne pourra pas y avoir d’adhésion.» Il n’y a pas de refus à l’adhésion mais elle demandera du temps
Vous vous étiez opposé à la loi pénalisant la négation du «génocide arménien» !
Le génocide arménien a été reconnu par la France en 2001. Pour autant, je ne pense pas que ce soit aux parlementaires d’écrire l’histoire. J’ai donc voté contre la proposition de loi visant à pénaliser la négation du génocide arménien. Regarder avec lucidité son passé, c’est se donner les moyens de se construire un avenir.
Quelle est votre relation avec les Turcs de France ?
Je suis né dans le Val d’Oise, à Goussainville, où la communauté turque est très présente. Trois adjoints au maire de cette commune sont d’ailleurs d’origine turque. J’ai été maire de Crosne où il y a également aujourd’hui un conseiller municipal d’origine turque. Lorsque j’ai été président du Conseil général de l’Essonne, j’ai bien connu les associations turques d’Evry. L’amitié entre la France et la Turquie est un acquis qu’il faut préserver.
Auriez-vous un conseil à donner à la nouvelle génération de Franco-turcs ?
On peut préserver sa culture et sa langue d’origine, sans pour autant tomber dans le communautarisme. Il faut être ouvert sur la société et sur la vie de la cité. Je crois que l’intégration passe notamment par l’investissement dans les associations et l’engagement politique. C’est un moyen d’en retirer de réelles satisfactions personnelles et de se sentir utile sur le plan collectif.
Paris
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