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Mercredi, Janvier 9, 2013 - 17:31

Des milliers de livres ne sont plus censurés en Turquie

Le Parlement turc a levé le 5 janvier dernier l’interdiction de publication faite à des milliers d’œuvres, dont plusieurs ouvrages communistes.

Des livres de Marx, Engels, Lénine et Staline seront désormais disponibles dans les librairies turques.

Du Manifeste du Parti communiste de Marx et Engels aux œuvres du poète turc Nazim Hikmet, des milliers d’ouvrages prohibés au cours des dernières décennies ont retrouvé droit de cité depuis samedi 5 janvier en Turquie, en vertu d’une réforme qui a rendu caduque leur interdiction. Début juillet, le Parlement turc a adopté une loi stipulant que toutes les décisions judiciaires ou administratives prises avant 2012 de «saisie, interdiction ou obstacles à la vente et la distribution de publications imprimées seront caduques» si elles ne sont pas confirmées par un tribunal avant six mois. Le délai est arrivé à son terme samedi et aucune décision de justice n’a été signalée concernant le renouvellement de telles interdictions, a indiqué à l’AFP le président de l’Union des éditeurs de Turquie (TYB), Metin Celal Zeynioglu. 453 livres et 645 périodiques sont concernés. Sont ainsi réhabilités de nombreux auteurs communistes, de Joseph Staline et son Histoire du Parti communiste bolchevique de l’URSS à Lénine et L’Etat et la Révolution, mais aussi une bande dessinée, un atlas géographique, un essai sur la question kurde ou un rapport sur l’état des droits de l’Homme en Turquie. 

Nazim Hikmet dans toutes les librairies

Au-delà de la capitale, ce sont jusqu’à 23.000 publications au total qui seraient concernées par la réforme, a évoqué M. Zeynioglu qui affirme tenir cette évaluation du ministère de la Justice, lequel n’a pas immédiatement confirmé ce chiffre. Mais le décompte est difficile à établir. «L’instauration de ces interdictions ne s’est pas faite de manière centralisée : elles ont été prononcées par diverses institutions dans différentes villes à différentes époques», souligne le président de la TYB. «D’ailleurs, la plupart ont été oubliées avec le temps et les éditeurs ont recommencé à imprimer les livres prohibés», ajoute-t-il. Les œuvres complètes de Nazim Hikmet, mort en exil à Moscou en 1963, se trouvent ainsi depuis de nombreuses années dans toutes les librairies. La suppression des interdictions de livres devrait avoir au moins une conséquence concrète, selon M. Zeynioglu. «Beaucoup d’étudiants arrêtés lors de manifestations sont gardés en prison au motif qu’ils détiennent des livres interdits», dit-il, «désormais, on ne pourra plus se servir de ce prétexte.»

Vendredi, Janvier 4, 2013 - 23:03

La Turquie condamnée pour blocage de sites internet

La Turquie a été condamnée, mardi 18 décembre, par la Cour européenne des droits de l’homme pour avoir bloqué l’accès au service d’hébergement de sites Web Google Sites.

Ankara avait mis en application une décision de justice prise en juin 2009 contre un site accusé d’outrage à la mémoire d’Atatürk. Le contentieux avait été porté devant la Cour de Strasbourg par Ahmet Yildirim, chercheur en ingénierie informatique. «La mesure en cause a eu des effets arbitraires et le contrôle juridictionnel du blocage d’accès n’a pas réuni les conditions suffisantes pour éviter les abus», a déclaré la Cour, condamnant Ankara pour atteinte à la liberté d’expression et dédommageant de 7500 euros M. Yildirim.

Lundi, Décembre 31, 2012 - 15:58

Charlie Hebdo : Un responsable turc dénonce une "provocation"

La bande dessinée biographique sur la vie du prophète Mahomet que projette de publier mercredi l'hebdomadaire satirique français Charlie Hebdo n'est qu'une "provocation", a affirmé lundi un responsable turc, exhortant les musulmans à l'"ignorer".

"Le directeur de Charlie Hebdo affirme que la bande dessinée n'est pas offensante pour les musulmans. Transformer la vie du prophète de l'Islam en personnage de bande dessinée est en soi erroné", a écrit sur son compte Twitter Ibrahim Kalin, proche conseiller politique du Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan."Quoi que pensent les gens de Charlie Hebdo, il s'agit là d'une provocation. Je conseille aux musulmans de l'ignorer", a insisté M. Kalin.L'hebdomadaire français, qui a à plusieurs reprises fait polémique en publiant des caricatures de Mahomet, a nié toute provocation: il ne s'agit là ni d'une caricature, ni d'une satire, mais d'un récit minutieux basé sur une bibliographie rigoureuse, préparé par des chroniqueurs musulmans.

Vendredi, Décembre 28, 2012 - 11:56

Un milliard de dollars pour un film sur le Prophète

La compagnie Alnoor Holding basée au Qatar a annoncé mardi que le budget pour un film en sept volets sur la vie du Prophète de l’islam s’élevait désormais à un milliard de dollars, contre 1,5 million de dollars annoncé en 2009.

Le personnage du Prophète n’apparaîtra cependant pas dans le film. Cette production comprendra «sept volets au lieu des trois précédemment annoncés avec un budget total d’un milliard de dollars (755 millions d’euros)», a déclaré le président d’Alnoor, Ahmed Al-Hachémi, dans un communiqué reçu par l’AFP. «L’équipe des experts a fini d’écrire le scénario après avoir surmonté de nombreux défis artistiques et dramatiques», précise la compagnie. Alnoor avait annoncé en 2009 qu’elle réunissait des fonds pour une épopée produite par Barrie Osborne, un producteur d’Hollywood connu notamment pour Le seigneur des anneaux et Matrix. L’influent théologien qatari d’origine égyptienne cheikh Youssef al-Qaradaoui, dont les émissions sur la chaîne de télévision qatarie Al-Jazeera sont très suivies dans le monde musulman, sera consultant technique du projet. Alnoor a indiqué que le film serait en anglais et traduit dans d’autres langues «pour corriger la mauvaise image que les sociétés occidentales ont de l’islam».

Mardi, Décembre 25, 2012 - 18:13

Ankara ne participera pas à l’Eurovision 2013 

La 58e édition de l’Eurovision  qui se déroulera du 14 au 18 mai 2013 à Malmö en Suède, ne verra pas de délégation turque venir se mêler à la bataille.

Cette annonce a été faite par la télévision publique du pays TRT (Télévision Radio Turque). La décision prise par la Turquie fait suite à celle prise par l’institution organisatrice l’EBU de diminuer de 50 % les votes du public. Avec sa non-participation, la TRT pointe du doigt la décision de l’EBU qui s’expliquerait par de mauvais résultats ces dernières années de la France, l’Italie, l’Allemagne, le Royaume-Uni et l’Espagne, principaux financeurs de l’événement musical. En effet, depuis 2009, le système d’attribution des points a changé. Les votes du public comptent autant que ceux du jury qui est composé de cinq professionnels ou personnalités de la musique. Méthode de vote qui a été transposé lors des demi-finales depuis 2010. La Turquie, pour sa part, a dit stop et espère probablement que d’autres pays suivent son exemple.