Par Redaction | ven, 20/04/2012 - 14:28
Mots clés : Hizmet, AKP, Gülen, Politique, Turquie, mouvement gulen, Fethullah Gülen, Société Turque

Dans un communiqué sur le mouvement Gülen, la Fondation des Journalistes et des Ecrivains indique que la proximité du mouvement avec l’AKP est tributaire d’un projet de démocratisation du pays, et rejette également les accusations de rivalité politique entre les deux organisations.
Le mouvement Gülen, la Fondation des Journalistes et des Ecrivains (Gazeteciler ve Yazarlar Vakfi, GYV) rappellent l’attachement du mouvement civil, basé sur le volontariat de ses participants, à la démocratisation du pays et à la défense des libertés individuelles. Le mouvement, également appelé Hizmet (service), est donc présenté comme proche de toute organisation promouvant cette démocratisation tant que celle-ci sera défendue. Le communiqué de la GYV, dont Fethullah Gülen est le président d’honneur, précise que, étant donné sa nature civile et la diversité sociale, ethnique et culturelle de ses volontaires, Hizmet ne peut par définition être associé, partisan officieux ou adversaire d’un quelconque parti politique. Le communiqué rappelle donc que Hizmet respecte tout parti, dès lors qu’il n’a pas recours à des procédés antidémocratiques, tels que la violence ou le terrorisme et ajoute que «le rôle que Hizmet et les organisations de la société civile ont joué pour que la démocratisation soit assimilée par la population ne doit en aucun cas être sous-estimé».
Un soutien politique sous conditions
Ainsi, Hizmet peut soutenir un parti qui défend ses valeurs démocratiques en accord avec le droit international mais ce soutien est conditionnel car «si les partis politiques régressent dans des thèmes comme la démocratisation, un changement d’attitude des personnes qui ont de l’estime pour Hizmet vis-à-vis des partis concernés est inévitable». Précisant que ce sont les thèmes chers au parti qui sont défendus et non le parti lui-même, le communiqué répond ainsi au discours reprochant au mouvement d’être pro-gouvernemental. Ce soutien conditionnel est présenté comme une garantie démocratique étant donné que «le fait que les mouvements tels que Hizmet qui ont une influence sur les masses soutiennent les partis en fonction de leur politique et retirent ce soutien si le besoin se manifeste doit être considéré comme un mécanisme d’assurance sociale». D’ailleurs, l’une des leçons que le GYV tire de la situation du Moyen-Orient est que la persistance dans le soutien apporté à un dirigeant ou un gouvernement malgré une régression sur le champ démocratique de ceux-ci aboutit à des crises politiques.
Pas de rivalité avec l’AKP
Pour ce qui est plus spécifiquement de l’AKP, le communiqué reconnaît et salue tous les efforts et les actes concrets réalisés depuis son arrivée au pouvoir il y a une dizaine d’années, tout en rappelant que ces efforts ont été accompagnés par un fort mouvement venant de la société civile, des milieux universitaires, associatifs, de la presse. Le mouvement salue les actes politiques déterminants de l’AKP en matière de défense des libertés et droits individuels tout en affirmant qu’il attend de ce parti la poursuite de ses efforts en matière de démocratisation. En réponse aux accusations de rivalité de pouvoir entre l’AKP et Hizmet, la déclaration rejette toutes les affirmations de crise politique qui opposeraient les deux organisations, en rappelant que le mouvement n’a aucune ambition politique mais attend seulement de l’AKP qu’il maintienne l’agenda politique annoncé en vue de la démocratisation du pays. Pour la GYV, ces critiques ont pour objectif de ralentir le processus de démocratisation de la Turquie. Le communiqué souligne les contradictions des différentes accusations puisque «les mêmes milieux qui dans le passé reprochaient à Fethullah Gülen d’être trop étatiste l’accusent aujourd’hui de provoquer une crise pouvant mettre à mal l’Etat» et «ceux qui lui reprochaient à un certain moment d’aspirer à la charia ne se sont pas privés plus tard de l’accuser de vouloir christianiser le pays», étant donné l’importance qu’il accorde au dialogue interreligieux. Le communiqué récuse également les accusations récurrentes d’«infiltrations» de l’Etat formulées contre Hizmet, en jugeant qu’il est normal que certains bureaucrates soient sensibles aux idées prônées par le mouvement, comme n’importe quelle «couche de la société» étant donné la diversité sociale des volontaires proches du mouvement. Le texte précise que Fethullah Gülen a de surcroît été jugé du fait de cette imputation d’infiltration et a été acquitté à l’unanimité des voix par l’assemblée générale pénale de la Cour de Cassation.
Paris
A lire aussi:
20 Juin, 10:19
18 Juin, 14:13
