Nazim Hikmet mis à l’honneur dans le métro londonien

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Le World Poems on the Underground, exposition de poèmes dans le métro londonien, a sélectionné parmi ses textes phares Bakou la nuit de Nazim Hikmet. L’initiative culturelle contribue ainsi à la découverte de cet artiste, souvent présenté comme le plus grand poète turc des temps modernes. 

«En descendant dans la nuit noire vers la mer agitée sans étoile, Bakou est un champ de blé ensoleillé» : c’est ainsi que débute le poème Bakou la nuit (Geceleyin Baku) du poète turc Nazim Hikmet, exposé dans le métro londonien depuis mi-avril et ceci jusqu’aux Jeux olympiques. Le projet World Poems on the Underground diffuse des poèmes depuis 1986 dans le métro afin de sensibiliser le public le plus large possible à la poésie. Il est organisé et soutenu par le London Underground (le réseau du métro londonien), l’Arts Council England (l’agence culturelle fédérale d’Angleterre) et le British Council (institution chargée d’assurer le rayonnement de la culture britannique dans le monde). Les poèmes ont été sélectionnés par l’écrivaine américaine Judith Chernaik et par les poètes britanniques Gerard Benson et Cicely Herbert. Ils sont affichés dans 3.000 espaces répartis dans les différents wagons du métro. Cette année, les organisateurs ont souhaité exposer des poèmes du monde entier pour rester dans l’esprit des Jeux olympiques. 
 
Nazim Hikmet, poète libre à l’image de ses vers
Le World Poems on the Underground a ainsi permis de faire découvrir entre autres aux Londoniens Nazim Hikmet, longtemps méconnu en Europe occidentale mais qui est aujourd’hui perçu par beaucoup comme le plus grand poète turc des temps modernes. Sa pièce Ceci est un rêve a d’ailleurs été donnée en lecture en 2010 en France, et mise en scène et créée pour la première fois en langue française à l’université Paris Dauphine à l’occasion du Printemps des poètes 2012. Le poète, né en 1902, communiste, se rendit à de nombreuses reprises dans les pays de l’ex-URSS, soit de son plein gré, soit parce qu’il fut contraint à l’exil. Il a en effet passé quatorze ans de sa vie en prison et a été déchu de sa nationalité pour son engagement au sein du Parti communiste turc, illégal à cette époque. De nombreux intellectuels et artistes, tels que Jean-Paul Sartre ou Pablo Picasso, prirent son parti en 1940, lorsqu’il fut emprisonné, alors qu’il était déjà le symbole de l’avant-garde turque, et célèbre pour ses poèmes en vers libres. Mort en 1963, il ne recouvrera sa nationalité qu’en 2005, à titre posthume.
Paris

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