Par Emre Demir | jeu, 21/06/2012 - 15:56
Après la tragédie d’Uludere, nous avons constaté des avancées prometteuses vers une solution pacifique de la question kurde. La députée Leyla Zana, figure emblématique de la vie politique kurde, tout comme le principal parti d’opposition CHP ont ainsi ouvertement soutenu les efforts du gouvernement turc en ce sens. C’est la première fois dans l’histoire de la République que le parti kémaliste accepte d’envisager une solution pacifique. Par ailleurs, le vice-Premier ministre Bülent Arinç a récemment déclaré que le leader du PKK Abdullah Öcalan pourrait être «assigné à domicile». Ces nombreux signaux politiques, à l’image de l’autorisation d’enseigner la langue kurde à l’école publique, convergent tous. Cette décision relative à l’enseignement du kurmanci représente un pas historique dans la reconnaissance de l’identité politique et culturelle des Kurdes. Le climat positif créé par ces évolutions a malheureusement été détruit par la dernière attaque terroriste du PKK à Daglica. Ces attaques sont survenues un jour après les déclarations de Murat Karayilan, le chef actuel du PKK, qui avait confirmé qu’un accord était sur le point de se conclure avec le gouvernement. Ces attentats visent à décourager le gouvernement turc et d’autres groupes politiques de prendre des mesures supplémentaires en faveur d’une solution pacifique de la question kurde. En réalité, ce scénario politique s’est déjà reproduit maintes fois par le passé : chaque fois qu’il y a eu un espoir de paix, le PKK a répondu par des attaques sanglantes, ralentissant les négociations. Après deux décennies de violence, Turcs et Kurdes n’ont jamais été si proches d’une solution politique durable. C’est aussi la première fois qu’un consensus entre Ankara, Bagdad, Washington et Bruxelles existe au sujet du PKK. Le gouvernement turc doit donc accélérer les efforts de paix et ne pas tomber dans les pièges que lui tend le PKK. Ce dernier, sous influence des services secrets iraniens, turcs, syriens et américains, est devenu aujourd’hui un obstacle sérieux à l’émancipation politique des Kurdes, car il considère la résolution de ce conflit comme une menace à sa propre survie. C’est pourquoi Ankara doit absolument dissocier le traitement politique et culturel du volet kurde, de la gestion sécuritaire et militaire concernant le PKK. L’heure n’est donc plus à la temporisation : Ankara doit résolument prendre le train de l’histoire en marche.

Commentaires
foutage de gueule
Permalien Submitted by ercan on jeu, 21/06/2012 - 16:16.
vous vous foutez de nous vous êtes clairement en train de dire qu'il faut jetter à la poubelle l'identité turque de la turquie en échange de la paix.
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