Le niqab : une réponse à l’aliénation consumériste ?

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Cet ouvrage de Maryam Borghée, chercheuse en sciences sociales, a plusieurs mérites. D’abord celui d’être une étude menée avec la rigueur méthodologique que suppose toute science. Ensuite, – et la chose tranche de manière radicale avec les discours tenus sur le niqab –, en accordant la parole aux femmes qui le portent, rendues ainsi à leur statut de sujet pensant et agissant. L’auteure s’est ainsi entretenue avec une trentaine de fidèles, dont une majorité de converties. Le port du niqab en France, occasionnel ou quotidien, apparaît le plus souvent dans un contexte de précarité, d’exclusion, de violences subies et surtout de perte de sens. Signe, pour beaucoup, d’aliénation et d’effacement, il relève pourtant ici d’un choix personnel et revendiqué, il peut même signifier une critique de la société de consommation, de la marchandisation du corps. La tendance asociale du mode de vie de ces femmes et les discours qu’elles tiennent tendent d’ailleurs à montrer que le voile total ne procède pas d’une religiosité sectaire ou d’un acte politique. Une analyse fine et approfondie qui démystifie une réalité rendue à sa complexité.

Voile intégral en France. 
Sociologie d’un paradoxe,
de Maryam Borghée,
Editions Michalon, 
256 pages, 18 €.
Paris

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