Aller au contenu principal

Normalisation avec Israël : Ankara s'engage à renoncer aux poursuites contre les soldats israéliens

Un accord destiné à normaliser les relations entre la Turquie et Israël a été présenté mercredi devant l'Assemblée nationale turque. Selon l'accord, Tel Aviv versera 20 millions de dollars aux familles des 10 victimes de l'assaut lancé contre le navire Mavi Marmara en 2010 et la Turquie renoncera à toutes les poursuites judiciaires contre les soldats israéliens impliqués. 

Jeudi, Août 18, 2016 - 12:26

Un accord destiné à normaliser les relations entre la Turquie et Israël a été présenté mercredi devant l'Assemblée nationale turque. Selon l'accord, Tel Aviv versera 20 millions de dollars aux familles des 10 victimes de l'assaut lancé contre le navire Mavi Marmara en 2010. Cette somme devra être versée dans les 25 jours qui suivent l'entrée en vigueur de l’accord.

En parallèle, la Turquie renoncera à toutes les poursuites judiciaires lancées contre les soldats israéliens impliqués. Mais si des personnes morales ou physiques sont poursuivies en Turquie, l'Etat turc prendra en charge toutes les dépenses et les condamnations financières qui résulteront des procès. En 2014, une cour d’Istanbul avait ordonné l’arrestation de quatre anciens responsables militaires israéliens, dont l’ex-chef d’état-major, le général Gabi Ashkenazi, jugés depuis 2012 par contumace en Turquie.

La Fondation d'aide humanitaire IHH, à l'origine de la flottille du Mavi Marmara, a plusieurs fois annoncé qu'elle ne retirerait pas les plaintes déposées contre les soldats israéliens. Si la justice turque les déclare coupables, c'est donc l'Etat turc et donc le contribuable turc qui devra payer les indemnités liées aux dommages et intérêts. 

Bülent Yildirim, le président de l'IHH

En juin dernier, agacé par les critiques de la fondation, le chef de l'Etat Tayyip Erdogan avait lancé, «Aviez-vous demandé l'avis du Premier ministre de l'époque [c'est-à-dire lui] avant d'envoyer de l'aide humanitaire à partir de la Turquie ? Nous, nous le faisions déjà mais nous évitions les démonstrations de force !». Un retournement de situation complet pour le raïs, jadis si ardent à brandir le drame du Mavi Marmara pour qualifier de «traîtres» tous ceux qui estimaient que les autorités de l'époque auraient dû empêcher son départ afin d'empêcher toute provocation inutile qui, au lieu d'aider les Gazaouis, ne servirait au final qu'à dégrader leur situation.

Afin de discréditer ses détracteurs, Erdogan n'a pas hésité à user et abuser de l'expression «la permission de l'autorité» en référence à la déclaration de l'influent imam turc Fethullah Gülen qui avait estimé qu'il aurait fallu «obtenir la permission de l'autorité israélienne» avant de se lancer dans une aventure qui s'est soldée par la mort de dix citoyens turcs. Erdogan avait qualifié Gülen et ses sympathisants de suppôts d'Israël. Le 16 juillet 2014, il avait même indiqué que l'autorité en question était «lui» et que lui, «avait donné son accord»...

La Turquie avait posé trois conditions pour relancer ses relations avec Israël : les excuses, une compensation financière et la levée de l'embargo contre Gaza. Depuis le mois de juillet, Ankara est autorisé à envoyer de laide humanitaire au port israélien d'Ashdod afin qu'elle soit transférée ensuite à la bande de Gaza. Les Turcs sont également en voie de construire un hôpital d'une capacité d'accueil de 200 lits. 

La ratification de l’accord sera immédiatement suivie d’un échange d’ambassadeurs. 

La rédaction vous conseille


LES PLUS LUS


Back To Top