Par Maud Druais | jeu, 31/05/2012 - 13:36
Mots clés : IDH, PIB, BNB, Bhoutan, États-Unis, psychologie, Economie, satisfaction de la vie, bien-etre lié à l'expérience, Société

Les Etats-Unis ont lancé un programme de recherche pour trouver un indicateur plus performant que le Produit intérieur brut (PIB), qui prendrait en compte le bonheur de la population. Le bien-être est en effet de moins en moins considéré comme dépendant uniquement de la richesse d’un pays.
Depuis décembre dernier, le ministère de la Santé et des Services sociaux américain finance des experts en psychologie et en économie recherchant des indicateurs fiables du «bien-être subjectif» des individus, afin de compléter l’indicateur de référence, le PIB. Le PIB sert à calculer la valeur totale de la production de richesses d’un Etat : c’est un indicateur purement économique, qui ne prend pas du tout en compte le bien-être de la population, et qui présente d’autres travers. Par exemple, si une catastrophe naturelle a lieu, le PIB considère les reconstructions comme une production de richesses. Depuis déjà quelques années, des tentatives pour trouver des indicateurs prenant en compte la satisfaction de la population et ne considérant plus celle-ci comme liée automatiquement à la richesse des nations sont en cours. Mais les plus gros travaux ont lieu aux Etats-Unis actuellement, 45 ans après que Robert Kennedy ait déclaré dans un discours : «le PNB mesure tout sauf ce qui rend la vie digne d’être vécue».
De la difficulté de mesurer le bonheur
Même si l’ancien président dénonçait déjà dans son discours les travers du calcul du PIB, les Américains ne sont pas pionniers en la matière puisque le «Bonheur national brut» (BNB) était déjà un indice préconisé par le roi du Bhoutan depuis 1972. Le BNB cherchait à dépasser le PIB et même l’Indice de développement humain (IDH). L’IDH, fondé par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), se base ainsi sur trois critères majeurs : l’espérance de vie, le niveau d’éducation et le niveau de vie. Dans une perspective reposant davantage sur la psychologie, les experts mandatés par le gouvernement américain insistent notamment sur une distinction, essentielle selon eux, pour mesurer le bonheur. Pour eux, il existe «le bien-être lié à l’expérience» et «la satisfaction de la vie». Le premier se réfère aux émotions ressenties par rapport à une expérience du quotidien. Par exemple, si un homme écoute un concert se terminant par une coupure de son, il aura tendance à penser que cela a tout gâché, alors qu’il en a profité pendant un certain temps. La seconde se réfère à la façon dont les individus jugent leur vie, de manière globale : dans ce cas de figure, le jugement des principaux intéressés sera généralement moins sévère. Ces notions pourraient permettre d’évaluer, entre autres, le succès des politiques publiques, et de relativiser l’idée d’interdépendance entre bonheur et argent.
Paris
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