Piscines réservées aux femmes : les politiques pataugent

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Les positions de François Bayrou, favorables à l’aménagement d’horaires pour les femmes dans certaines piscines, ont soulevé de nombreuses critiques de la part du magazine Elle. Cette question souvent présentée comme une revendication religieuse et communautariste répond pourtant à des considérations plus larges liées au surpoids ou à la pudeur.

François Bayrou qui était invité jeudi 5 avril par le magazine Elle pour présenter son programme, a défendu une mesure concernant la mise en place d’horaires aménagés pour les femmes, notamment dans les piscines. Déjà appliquée à Lille par Martine Aubry en 2001, cette mesure répond à des demandes de plus en plus importantes de femmes qui ne trouvent pas d’établissements répondant à leurs attentes. Face à ce manque de structures, nombre de femmes s’organisent entre elles pour réserver des plages horaires en tant que groupe. D’autres fréquentent des piscines privées, qui, contrairement aux établissements municipaux, peuvent réserver des plages horaires aux activités pour femmes sans être accusées d’atteinte à la laïcité. 
 
Des municipalités montrées du doigt… 
La mesure de Martine Aubry avait été vue à l’époque comme une concession faite aux femmes musulmanes et donc une négation des principes fondamentaux de la République et une porte ouverte au communautarisme. La maire avait d’abord défendu sa décision en soutenant que cela pourrait permettre à certaines femmes de s’émanciper. Autre argument mis en avant, le fait que ces horaires n’étaient pas réservés aux musulmanes mais à toutes les femmes qui, pour une raison ou pour une autre (pudeur, surpoids), ne voulaient pas se montrer en maillot de bain devant des hommes. La même question s’est posée à Sarcelles lorsque des femmes de confession juive ont demandé une piscine non mixte ou dans la commune de La Verpillère (Isère), l’ouverture de la piscine à certaines heures exclusivement pour les femmes. Dans ce dernier cas de figure, la position du maire y était la même qu’à Lille, à savoir que cette mesure était destinée aux femmes, toutes nationalités, tous âges et toutes religions confondues. Les municipalités se trouvent donc dans l’embarras face à cette question et renoncent parfois à ces aménagements pour ne pas alimenter la polémique. Cela a été le cas de la ville de Mons-en-Baroeul (Nord), qui a supprimé les horaires de piscine réservés aux femmes en 2003, au moment des débats sur la laïcité et le voile. 
 
Une stigmatisation supplémentaire des musulmans 
D’autres municipalités ont accordé à des associations de femmes juives des horaires réservés, comme à Strasbourg (Bas-Rhin) ou Sarcelles (Val d’Oise). Alors que certains dénoncent des mesures allant à l’encontre de la laïcité, de la mixité et de l’égalité, d’autres comprennent ces demandes comme étant l’expression du sentiment de gêne qu’éprouvent certaines femmes face aux regards parfois pesants des hommes. Les femmes qui soutiennent ces initiatives pour des raisons sans lien avec la religion sont d’ailleurs nombreuses. D’autres enfin voient dans ces débats une stigmatisation supplémentaire des musulmans de France, avançant l’argument qu’en dernière analyse les horaires réservés aux femmes rondes ou aux femmes enceintes pourraient, pour les mêmes raisons, être considérés comme une forme de communautarisme.
Paris

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