Polluting paradise : le plaidoyer de Fatih Akin pour l’environnement

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Dans Polluting paradise (Paradis polluant), le cinéaste allemand d’origine turque Fatih Akin nous offre un remarquable portrait de la population turque. Le documentaire au propos universel, qui a été présenté hors compétition lors du festival de Cannes, a fait forte impression. Il retrace le combat des habitants du village de Çamburnu qui se battent contre la décision du gouvernement de faire construire un site d’enfouissement des déchets. Les villageois, appuyés par le maire, s’élèvent contre ce projet conçu dans un mépris total de l’environnement. Ils reprochent également au projet d’avoir été mené sans concertation avec la population et dans la précipitation. En 2006, lorsque Fatih Akin tourne la scène finale de son film De l’autre côté à Çamburnu, le village natal de ses grands-parents au nord-est de la Turquie, il entend parler de la catastrophe écologique qui menace le village. Il décide alors de lutter aux côtés des villageois avec ses propres moyens. Dès 2007, et pendant plus de cinq ans, il filme la lutte du petit village contre les puissantes institutions. Ainsi, dans son film, Fatih Akin témoigne des catastrophes qui frappent le paradis perdu : l’air est infecté, la nappe phréatique est contaminée, des nuées d’oiseaux et des chiens errants assiègent le village. 

Un portrait de la campagne fidèle et engagé 
Chaque jour des tonnes d’ordures sont apportées à la décharge. Or, les habitants de Çamburnu vivent essentiellement de la pêche et de la culture du thé et sont par conséquent au plus près de la nature. «Il est question d’environnement mais le propos du film, ce n’est pas que ça» précise Fatih Akin. «Le film évoque le courage des civils et au final, c’est un portrait de la vie dans les campagnes en Turquie» dit-il. Plus qu’un documentaire, le dernier film de Fatih Akin est un plaidoyer très émouvant pour le courage dont font preuve les villageois dans la défense de leur cause. Ils refusent que leur lieu de vie soit transformé en dépotoir. Au fil de l’œuvre, on découvre le profond engagement politique du réalisateur et son implication. Une chose est sûre, Polluting paradise est une campagne et non un documentaire objectif. Fatih Akin prend indéniablement parti pour les habitants de ce village dominé par de luxuriants champs de thé. «Ils continuaient à construire, je devais continuer à filmer» a confié le réalisateur à l’AFP.
Paris

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