Par Redaction | mer, 17/08/2011 - 13:34
L’alimentation bio reste très coûteuse pour le portefeuille des Français. Une situation qui s’explique par la durée de production, longue, et la faiblesse des rendements.
Le bio est aujourd’hui une pratique en vogue souvent assimilée aux nouveaux bobos et aux écolos. Bien manger, et surtout sainement, est synonyme de richesse. Pourtant, l’alimentation biologique a de nombreux avantages qui devraient profiter à tous. Elle a la particularité d’être plus nutritive que la nourriture industrielle, tout en rassasiant avec une moindre quantité. Malgré cela, le prix d’un produit bio est de l’ordre de 20 à 30 % plus cher qu’un produit habituel. Pourquoi le bio est-il si coûteux ? D’abord, parce que les rendements sont moins importants en culture végétale puisque ni engrais de synthèse, ni pesticides ne sont utilisés, ce qui empêche de produire à grande échelle pour un moindre coût. De même, la croissance des animaux est bien plus lente et la main-d’œuvre doit être plus importante afin de surveiller les cultures, pour déceler des maladies par exemple. Ensuite, il faut savoir que pour les agriculteurs bio les coûts de production sont plus élevés car l’agriculture extensive, par définition, ne maximise pas la productivité à court terme du sol et fait appel aux ressources naturellement présentes sur place. Zoher Sefsaf, financier de formation et responsable de la société Bio Goss explique à Zaman France qu’il s’agit d’ « un business très compliqué, surtout à Paris où le foncier est très élevé. Pour un petit commerce, il y a beaucoup plus d’intermédiaires ce qui revient donc beaucoup plus cher. »
Le monopole de la grande distribution
Face à une situation de pénurie de matières premières dans le secteur du biologique, la France a eu massivement recours à l’importation. 50% des produits bio consommés en France sont importés d’Italie ou d’Allemagne pour un marché estimé à 2 % de la consommation nationale. Les grandes et moyennes surfaces distribuent 45 % de l’alimentation biologique. Plusieurs grosses enseignes proposent même des prix très attractifs. Mais pour Zoher, faire du bio à grande échelle est contradictoire : « Je pense qu’il y a un fort antagonisme dans le fait de faire du bio dans les grandes surfaces. La démarche bio consiste à préserver la Terre. Or les grandes surfaces ont recours à l’importation massive » dit-il. Bien que leurs marges soient importantes, les grands distributeurs profitent aussi du fait de vendre du « bio pas cher » pour baisser leur coût d’achat, ce qui pénalise les fournisseurs. « La grande distribution impose, le fournisseur dispose » nous avoue Zoher Sefsaf. Au niveau de la labellisation, certaines zones d’ombre demeurent. Bien que les labels français et européens soient solides et dignes de confiance, les produits importés n’offrent aucune garantie. « Pour moi ce n’est pas une démarche biologique que de faire venir des pommes de terre en avion depuis l’Egypte, d’autant plus que la certification ne pourra jamais être vérifiée », explique Zoher Sefsaf. Avant d’ajouter : « Dans ces pays où la corruption est facile, avec un peu d’argent on a tout ce qu’on veut, y compris une certification bio. » Pour consommer bio, acheter en vrac et au kilo dans les boutiques spécialisées et se fournir en fruits et légumes frais directement auprès du producteur évite les doutes et permet de belles économies.
