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Quand Free fiche ses salariés

L'hebdomadaire Politis publie aujourd'hui une enquête révélatrice des pratiques internes du groupe de télécoms exploitant la marque Free et notamment les centre d'appels. Fichage de salariés, plan sociaux déguisés, harcèlement moral : des documents compromettants sur le groupe Iliad, détenteur de la marque Free, ont été dévoilés jeudi 19 mai.

Vendredi, Mai 20, 2016 - 12:00
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D'après l'hebdomadaire Politis, le groupe Iliad, propriétaire de la marque de téléphonie Free, aurait déjà fiché les salariés les plus gênants et les auraient poussé vers la sortie, par divers moyens, notamment le harcèlement moral. Mis en place sciemment par la direction du groupe et supervisé par Angélique Gérard, la directrice des relations clients, deux fichiers de salariés ont été rendus publique par l'hebdomadaire.

Marco Polo : un fichier de salariés à évincer

Le premier date de 2009. Il est baptisé «Marco Polo» et se concentre sur les salariés de la filiale marseillaise du groupe : Certicall, fraîchement racheté à Telecom Italia. 45 salariés ont été fichés avec des commentaires du type «dossier vide à construire» pour faute, ou encore «semble usé, à creuser avec RH».

Le résultat sur les salariés est sans équivoque : de nombreux contentieux se sont soldés par la condamnation du groupe aux Conseil des Prud'hommes pour harcèlement moral, licenciement abusif, usage abusif de la mobilité etc...

Dans les échanges de mails entre les différents acteurs du groupe Iliad, que Politis dévoile, la direction des Ressources Humaines, qui met en place le plan Marco Polo, écrit craindre que l'Inspection du travail découvre leurs manœuvres, s'apparentant à un plan social déguisé, illégal.

«Nous ne remplaçons aucun poste»

«Le risque de requalification en PSE (Plan Sauvegarde de l'Emploi) est très élevé (100 % des chances) en effet, nous ne remplaçons AUCUN POSTE, alors que les effectifs fondent !» écrit Giorgio Mariani, un ancien Responsable des Ressources Humaines, qui a appliqué ce plan.
«Nous avons joué sur la clause de mobilité pour les cadres et inventer des fautes pour les autres, témoigne l'ancien RRH. Nous avons construit une machine à broyer».

Une machine à broyer qui renvoie aux conditions particulièrement difficiles de travail dans les centres d'appels, qualifiés d'usines des temps modernes où l'ordinateur peut même décider quand le salarié peut se rendre aux toilettes.

Xavier Niel est l'actionnaire principal du groupe Iliad détenteur de Free.

De nombreux témoignages et résultats de procès font état d'un management particulièrement dur avec les salariés revendicatifs ou considérés comme gênants. Les syndicalistes sont les premiers visés.

Le groupe Iliad conteste et menace d'attaquer

Un second fichier a d'ailleurs été mis en place à partir de 2012, d'après l’hebdomadaire, nommé «centralisation». Il concernerait des salariés répartis dans différentes filiales du groupe, tant marseillaise, bordelaise, que parisienne.

Le groupe Iliad, dont l'actionnaire principal est Xavier Niel, 7e fortune de France, a contesté «fermement les propos et les faits» et menacé la rédaction de Politis d'actions en justice.

 

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