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Quand le Parlement français s’amuse à faire l’histoire !

Depuis la tribune de l’Assemblée nationale avant le vote de la loi sur la négation des génocides, Patrick Devedjian a affirmé qu’« il ne s'agit pas d'écrire l'histoire, mais de poser un acte politique indispensable », tout en apportant la précision selon laquelle il n’y avait « pas besoin de réunir les historiens pour savoir s'il y a eu ou non un génocide ».
Cette déclaration surprenante a bien un mérite, c’est d’être véridique ! Et c’est bien la seule vertu que nous puissions lui prêter. A y regarder de plus près en effet, elle prend la forme d’un aveu sur le caractère purement politique de cette loi.  Il apparait très clairement que celle-ci n’a d’autres objets que d’assouvir les passions des uns et les calculs électoraux des autres, au mépris de la liberté de penser et celle d’entreprendre des études académiques ? Qu’elle est belle, cette France héritière de la pensée des Lumières ! Ainsi, selon l’esprit rationnel de Patrick Devedjian, nul besoin de faire appel à une communauté d’historiens ! Or, ce sujet est d’une sensibilité ainsi que d’une complexité extrême pour ne pas être pris plus au sérieux. En l’occurrence, la question se pose de savoir comment il convient d’apprendre et d’interpréter cette tragédie, sinon par le recours aux historiens. Faut-il s’en remettre à la méthode « Devedjian », qui consiste à s’appuyer sur les seuls « témoignages » pour juger ou non qu’il y a eu génocide ? Suffit-il ensuite d’un vote à bras levé d’une cinquantaine de députés pour donner une portée historique et juridique à une affaire portant atteinte à la dignité de toute une nation ? N’est-ce pas trop léger d’accuser par ces moyens tout un peuple d’un crime aussi abominable ? Un peu de sérieux, Messieurs !
A l’époque des faits, il n’existait pas comme aujourd’hui de tribunal international en mesure de donner un jugement. En l’absence d’un verdict impartial et devant l’ancienneté de l’affaire, il semble évident que seule une communauté indépendante d’historiens ayant accès à toutes les archives puisse émettre un jugement et une interprétation digne de ce nom.
Les faits remontent à un siècle et les sources exploitées jusqu’alors se sont le plus souvent avérées être des faux (le fameux Livre Bleu du gouvernement anglais). Nombre d'études, aux Etats-Unis, en Angleterre et en Turquie ont remis en cause la version ancrée dans l’inconscient collectif, mais encore faut-il parvenir à se faire entendre dans ce climat hostile qui prohibe la liberté de penser, mais celle aussi de s’exprimer. Avez-vous déjà entendu un académicien allant à l’encontre de la version officielle ? Croyez-vous vraiment qu’ils ont le droit de cité ?

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