Par Maud Druais | mer, 09/05/2012 - 11:20
Mots clés : François Hollande, Demir Önger, CCAFT, élections, loi memorielle, relations diplomatiques, Politique

La campagne de François Hollande a été marquée par son slogan «le changement, c'est maintenant». Mais ce «changement» se traduira-t-il par de nouvelles positions sur des questions sensibles pour les Franco-turcs comme le «génocide arménien» ? Demir Önger, porte-parole du Comité de coordination des associations franco-turques, revient sur les raisons de la popularité de Hollande chez les Turcs de France, mais aussi sur les attentes de ces derniers vis-à-vis du nouveau président.
«Une nouvelle page blanche» pour les Franco-turcs. C’est ainsi que Demir Önger, porte-parole du Comité de coordination des associations franco-turques (CCAFT), décrit l'élection de François Hollande. Dans un courrier adressé au CCAFT début mai, le nouveau président français a répondu aux interrogations des représentants de la communauté turque à propos de la loi pénalisant la négation du «génocide arménien» en marquant sa différence. «C'est la première fois qu'un responsable politique de haut niveau tient compte de l'existence d'une communauté turque en France» indique à ce sujet Demir Önger à propos de cette lettre. En effet, dans celle-ci, François Hollande ne parle pas seulement de l'adoption de la loi sur le «génocide», mais aussi de sa volonté de resserrer les liens entre la Turquie et la France. Pour M. Önger, il s'agissait donc là d'«une lettre qui dépasse largement une réponse à celle que nous avions écrite». «[Par exemple] nous n'avions pas du tout évoqué les pourparlers entre l'Union européenne et la Turquie» explique-t-il. Pour le nouveau président de la République, «l'Europe en acceptant de négocier l'entrée de la Turquie dans l'Union est fidèle à son essence : celle de fédérer des peuples et des cultures et des confessions différentes» comme il l’écrit dans son courrier, ce qui va clairement à l'encontre des positions officielles de Nicolas Sarkozy, opposé à l'adhésion de la Turquie.
De l'espoir et des attentes…
Demir Önger revient également sur le soutien de François Hollande à la loi pénalisant la négation des génocides. Pour lui, le projet du nouveau président de la République est très différent de celui qui a été censuré par le Conseil constitutionnel. En effet, dans ce dernier, «nous étions [la communauté turque] carrément stigmatisés», car la loi portait uniquement sur les «génocides» reconnus par l'Assemblée nationale française. Alors que M. Hollande souhaite une loi visant à punir pénalement l'apologie, la contestation ou la minimisation de tous les génocides - et pas seulement ceux qui sont reconnus par l'Assemblée nationale. Pour Demir Önger, il s'agit là d'une différence capitale pour les Turcs de France : «Ce sont des petites nuances qui ont beaucoup d'importance», affirme-t-il. Le porte-parole du CCAFT est également revenu sur les attentes de la communauté franco-turque vis-à-vis du nouveau président. «Ce que nous attendons, dans son programme, c'est qu'il donne aux étrangers qui ne font pas partie de l'Union européenne le droit de voter aux élections locales », bien qu'il reconnaisse que cela soit une mesure difficilement applicable, en raison de la nécessité d'avoir une majorité des trois cinquièmes à l'Assemblée nationale. Pour lui, «cela peut être un pas vers une intégration plutôt réussie.» Enfin, M. Önger espère que la France lèvera le blocage des cinq chapitres qui empêchent actuellement une adhésion de la Turquie à l'UE.
Paris
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