Par Nihat Sarier | jeu, 10/11/2011 - 10:18
Député européenne et probable candidate aux prochaines élections à la mairie de Paris, Rachida Dati est revenue, dans un entretien exclusif à Zaman France, sur son parcours personnel. L’ancienne ministre de la Justice, qui estime essentiel de ne pas « oublier ses origines », encourage les Franco-turcs à « se soutenir et s’organiser. »
Pouvez-vous vous présenter ?
Je suis née en Saône-et-Loire d’une mère algérienne et d’un père marocain. J’ai commencé à travailler dès 14 ans pour payer mes études. J’ai été aide-soignante, comptable, magistrate et bien sûr ministre de la Justice de mon pays. Je suis aujourd’hui député européenne et maire du VIIe arrondissement de Paris. C’est une grande fierté que je n’aurais jamais osé espérer plus jeune.
Avez-vous eu des difficultés dans votre parcours professionnel et politique ?
Oui, comme tout le monde, j’ai eu des difficultés, mais je n’ai jamais baissé les bras. Mes parents m’ont toujours soutenu quelles qu’ont été les difficultés, comme le fait que je sois une femme. J’ai toujours travaillé davantage pour réussir.
Parlons de l’actualité. Qu’avez-vous retenu des élections en Tunisie ? Certains médias et politiques ont exprimé des craintes sur Ennahda…
Il y a eu des élections libres, donc il faut respecter le choix des Tunisiens. C’est le jeu de la démocratie. N’oublions pas que ce sont les difficultés sociales qui ont provoqué la révolution en Tunisie. La question est maintenant de savoir quel est le contenu du programme du parti Ennahda.
La Turquie peut-elle être un modèle pour la Tunisie ?
La Turquie peut-être un modèle mais le contexte économique et social est différent en Tunisie. J’ai déjà rencontré Egemen Bagis, le ministre des Affaires européennes, et Emine Erdogan, l’épouse du Premier ministre avec laquelle j’entretiens toujours des relations amicales. J’ai pu leur dire combien la Turquie est un pays prospère et dynamique qui ne mérite pas d’être stigmatisé.
Et la crise économique européenne ?
Le président Nicolas Sarkozy a fait ce qu’il fallait faire. Il a toujours été déterminé à préserver notre modèle social, en particulier pour les plus modestes. Il a toujours été un homme d’Etat et de devoir vis-à-vis des Français et il continuera à être mobilisé pour que la France maintienne son rang international.
Revenons en France. Récemment, le Sénat est passé à gauche et François Hollande a gagné les primaires socialistes. Que pensez-vous du futur candidat socialiste pour l’élection présidentielle ?
La personnalité du candidat socialiste importe peu. C’est le programme des socialistes qui compte. Que nous proposent-ils pour faire face à la crise économique ? Quelles sont leurs solutions aux différents problèmes sociaux ? On attend toujours…
Allez-vous être candidate à la mairie de Paris ?
Pour l’instant, je me bats pour faire gagner Nicolas Sarkozy en 2012. Nous aurons le temps après sa réélection de préparer l’élection municipale de 2014 à Paris.
Auriez-vous un message pour les Franco-turcs ?
Je leur conseille de s’investir et de travailler davantage en France. Il faut être passionné par ce que l’on fait ! Et surtout ne pas oublier ses origines. La mémoire de ses origines est un moyen de se motiver sans cesse. C’est pour ces raisons que j’ai fondé le club XXIe siècle pour mettre en avant trois principes : le talent, la compétence et le réseau. Les Franco-turcs doivent se soutenir et s’organiser. Je tiens à les féliciter et je leur souhaite bon courage.
