Par S. Ben Mansour | ven, 20/07/2012 - 11:27

Ce vendredi 20 juillet, qui scrutera le ciel devrait apercevoir le fin croissant de lune annonçant le mois nouveau, et par là même le premier jour de ramadan 1433. Neuvième mois de l’année hégirienne, «le mois de ramadan [est celui] au cours duquel fut révélé le Coran» (II : 185). C’est le mois spirituel par excellence, et dont le jeûne constitue le quatrième des cinq piliers de l’islam. Il n’est pas anodin à cet égard que le mot qui signifie «jeûne», sawm, puisse dans certains contextes avoir l’acception plus large d’«abstinence». C’est notamment le cas dans le Coran même, dans la sourate de Marie, où la Vierge après avoir enfanté, fait vœu de silence : «J’ai fait vœu de sawm au Tout-Miséricordieux : je ne parlerai donc aujourd’hui à aucun être humain» (XIX : 26). Le ramadan, en tant qu’exercice spirituel, a été codifié par les juristes. Il existe certes des divergences entre les différentes écoles juridiques, mais elles sont relativement mineures. Le jeûne est ainsi entendu comme abstinence de tout ce qui peut le rompre, abstinence à laquelle préside une intention spécifique (niyya). Le jeûneur doit être musulman, en pleine possession de ses facultés mentales, et, dans le cas d’une femme, ne pas être en période de pertes sanguines (cycliques ou consécutives à un accouchement). Le jeûne est réputé valide (sahîh) si ces conditions sont remplies. L’obligation de jeûner incombe à tout adulte pour autant qu’il en est physiquement capable. Il est par ailleurs recommandé de s’abstenir de dire du mal d’autrui et a fortiori de calomnier ; d’éviter toute action susceptible de susciter le désir ; de réciter le Coran pour soi et pour les autres ; et d’observer une retraite spirituelle à la mosquée (i‘tikâf). A ces recommandations, le philosophe juriste et théologien al-Ghazâlî (1058-1111) ajoute le devoir de charité envers les nécessiteux.
