Rassembler les Français d’origine arménienne et turque

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François Hollande s’est engagé, dimanche, à rassembler les Français après son élection à la présidence de la République. «Trop de fractures, trop de blessures, trop de ruptures, trop de coupures ont pu séparer nos concitoyens (...) C’en est fini», a-t-il poursuivi. «Le premier devoir du président de la République, c’est de rassembler et d’associer chaque citoyen à l’action commune» a ajouté le nouveau président de la République. Les Français d’origine turque - avec une augmentation du nombre d’entre eux en âge de voter - sont aujourd’hui une force politique indéniable. La loi sur les génocides a suscité un important mouvement citoyen de contestation au sein de la communauté qui s’est fortement mobilisée à quelques mois des élections. Ils sont allés aux urnes pour défendre une certaine vision politique ou un projet de société. Ils se sont préoccupés comme tous les Français de l’emploi, du pouvoir d’achat ou de la santé. Mais il est évident que la frustration des Franco-turcs après le vote de la loi sur les génocides est ce qui les a poussés à vouloir exister politiquement. En répondant aux questions des représentants de la communauté turque, dans un courrier adressé au CCAFT début mai, le président élu a reconnu cette existence. M. Hollande, qui a rassemblé une majorité souhaitant un changement de climat politique et social, a aussi une opportunité historique de rassembler les Français d’origine turque et arménienne dont un grand nombre a voté pour le candidat socialiste. Il est bien évident que la guerre des mots entre deux communautés crée une profonde division. Il faut dépasser cette opposition réductrice autour des étiquettes «turcophobes» et «négationnistes». Au lieu d’insister sur une proposition de loi qui a causé «des fractures, des ruptures et des coupures qui ont séparé» les citoyens issus des deux communautés, M. Hollande doit préférer un nouveau discours favorisant une paix solide et durable entre deux communautés qui partagent des siècles de proximité culturelle. Le vrai engagement de M. Hollande ne doit pas s’orienter vers un nouveau processus législatif, mais doit faciliter une reconnaissance mutue lle de l’Autre et de ses blessures identitaires.

Paris

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