Séismes : les Turcs plus vigilants sur les arnaques à l’immobilier

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A l’approche des vacances d’été, et au moment où beaucoup de Turcs vont rejoindre leurs résidences secondaires en Turquie, Zaman s’est penché sur le nouveau marché de ces entrepreneurs peu scrupuleux qui n’hésitent plus à répandre de fausses rumeurs sur les séismes pour encourager les vente de biens immobiliers.

La Turquie, qui est située sur plusieurs lignes de faille, n’est pas à l’abri des tremblements de terre. Pour autant, il semble que les riverains ne soient plus la proie facile des opportunistes qui profitent de ces catastrophes naturelles pour acheter de l’immobilier au plus bas prix. A l’ouest du pays, dans la ville côtière de Fethiye, un séisme de magnitude 6 a été récemment à l’origine d’une rumeur de tsunami. Le vent de panique qui a saisi les habitants les a amenés à envisager le départ. Beaucoup se sont demandés s’ils devaient vendre leurs maisons, au grand bonheur des spéculateurs, à l’affût d’occasions de ce genre pour acquérir des maisons à bas prix. Cependant, si les rumeurs de tsunami ont bien entraîné le départ temporaire de nombreux habitants, le niveau des transactions immobilières dans la région n’a pas été réellement affecté. Tuncay Yolseven de RE/MAX Immobilier a déclaré à Zaman qu’aucune vente due à la panique n’a été observée dans la région et que les rumeurs au sujet d’un tsunami ont été propagées délibérément dans le but de pousser les gens à vendre. 
 
Les précédents de Sakarya et Kocaeli
Lorsqu’on lui a demandé comment les rumeurs avaient affecté la vie des expatriés à Fethiye, John Laughland, l’un d’entre eux, a déclaré : «je pense réellement que les prix de l’immobilier n’ont pas été affectés par ces stupides rumeurs de tsunami. Bien sûr, il y a actuellement une certaine incertitude liée à des modifications de la loi relative à l’acquisition [de propriétés] par des étrangers, mais je suppose que ça passera !» D’après plusieurs agents immobiliers de la province de Van, à l’est du pays, région qui a été frappée par un puissant tremblement de terre à l’automne dernier, si un petit nombre de propriétaires ont vendu leurs maisons à bas prix, la plupart ont au contraire conservé leur propriété. Metin Akkusçu de Metinler Emlak (Metinler Immobilier) à Van estime que les loyers et les prix des maisons sont actuellement plus élevés depuis le tremblement de terre. «Les gens sont plus conscients maintenant, à cause de ce qui s’est passé à Sakarya et Kocaeli» a déclaré Metin Akkusçu en référence à ces deux villes touchées par un tremblement de terre en 1999. Soulignant que les prix des logements à Avcilar, quartier sismiquement sensible d’Istanbul, ont été relativement stables durant les trois à quatre dernières années, Subasi Murat de Murat Emlak (Murat Immobilier) à Avcilar souligne pour sa part que le prix du neuf a grimpé de 45 %. 
 
Les banques publiques ne jouent pas le jeu
Il explique qu’à la suite du tremblement de terre de Marmara en 1999, de nombreux entrepreneurs opportunistes ont acheté à Avcilar des maisons à 1.000 livres turques, sachant que les prix actuels se situent entre 50.000 et 80.000 livres turques. «Alors, au lieu de réparer ce qui était abîmé, ils ont préféré abattre les bâtiments et en construire de nouveaux qui soient conformes aux normes et aux réglementations plus strictes mises en place et contrôlées par l’Etat», a déclaré Subasi. Un agent d’Arzum Emlak (Arzum Immobilier) à Avcilar a néanmoins critiqué les banques publiques qui ne facilitent pas l’accès au prêt pour les propriétaires qui veulent réparer leur maison. La plupart d’entre eux ne peuvent en outre obtenir des sociétés d’assurance qu’elles les couvrent contre le risque de tremblements de terre. L’agent immobilier considère que le projet de transformation urbaine pourrait bien avoir pour conséquence de contraindre les propriétaires à traiter avec des entrepreneurs opportunistes. «Si les entrepreneurs offrent plus d’argent, les propriétaires vont naturellement se diriger vers cette option, et devenir ainsi les victimes des opportunistes», d’après ses propos.
Istanbul

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