Par Emre Demir | jeu, 26/01/2012 - 10:47
Lundi 23 janvier, le Sénat a adopté une proposition de loi pénalisant la négation des génocides reconnus par la loi française. Le Sénat a à son tour approuvé le texte de la députée UMP des Bouches-du-Rhône Valérie Boyer qui avait été adopté le 22 décembre 2011 à l’Assemblée nationale. L’Elysée a assuré que « le président de la République va promulguer la loi punissant la négation des génocides dans un délai normal » après son adoption définitive par le Parlement. Cette loi soutenue par l’Elysée est certainement une instrumentalisation politique de l’Histoire à des fins électoralistes. Mais ce serait une erreur de penser que ce calcul ne vise que la diaspora arménienne puisque les électeurs d’extrême droite sont sur la même position. Comme le rappelait Bertrand Delanoë, le maire de Paris, « Depuis cinq ans, Sarkozy a adopté une attitude très agressive vis-à-vis de la Turquie ». Bloquer l’adhésion turque à l’UE - une vision partagée par l’extrême droite - était l’une des principales promesses de la campagne présidentielle de M. Sarkozy en 2007. Ce n’est pas un hasard s’il va finir son quinquennat en jouant encore une fois sur le sentiment anti-turc. Nicolas Sarkozy aura au moins réussi à éloigner un tant soit peu les Turcs d’une Europe en crise qui se ferme de plus en plus. En tous les cas, l’électorat français d’origine arménienne ne représente pas réellement un enjeu décisif pour les élections présidentielles. En effet, ces électeurs, qui sont très bien intégrés à la société française, ne fondent pas leur voix seulement sur « la politique de la Turquie », mais aussi sur le développement économique et social du pays. Bien qu’une bonne partie de la diaspora arménienne vote pour le Parti socialiste, l’enjeu électoraliste pour Sarkozy est moins important qu’on ne le croit. En tendant la main aux électeurs d’origine arménienne, Sarkozy fait aussi du pied à l’ensemble de l’électorat d’extrême-droite estimée à 20 %. En jouant sur le sentiment anti-musulman et anti-turc quelques mois avant les présidentielles, Sarkozy fortifie sa position au sein de la droite de sa droite.
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