Savoir pourquoi voter avant de savoir pour qui

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Nous ne savons pas encore dans quelle mesure les Franco-turcs iront voter, mais nous savons déjà que, pour une fois, le sujet est loin de laisser indifférent. La question intéresse bien plus que durant les élections précédentes pour plusieurs raisons. D’une part, chaque année le nombre de personnes en âge de voter augmente, parallèlement au nombre de Franco-turcs faisant des études supérieures et s’intéressant de plus près à la vie politique française. Mais, d’autre part, la principale raison se situe plutôt dans la loi sur les génocides qui, par un hasard de calendrier qui n’en est sans doute pas un, a suscité un important mouvement citoyen de contestation au sein de la communauté qui s’est fortement mobilisée à quelques mois des élections. Alors, que ce soit dans les locaux associatifs, entre amis ou sur les réseaux sociaux, la question que tout le monde se posait était de savoir pour qui voter. Les uns penchent ainsi pour un vote utile et prennent position pour François Hollande afin de contrer Nicolas Sarkozy tandis que d’autres rappellent que le candidat socialiste est très proche du président sortant sur la question arménienne et penchent pour d’autres candidats, comme Bayrou par exemple, hostile à la loi. Ces débats soulèvent une question de fond qui touche les raisons pour lesquelles on vote. Autrement dit, la question est de savoir s’il faut voter pour un candidat parce qu’on apprécie ses positions pour tel ou tel sujet qui nous concerne particulièrement indépendamment de tout le reste, ou pour une vision politique plus générale qui nous plait en matière d’emploi, de pouvoir d’achat ou de santé, soit en tant que projet de société dans laquelle nous-mêmes nous vivons. La réponse ne va certes pas de soi tellement ces sujets particuliers ont leur importance et méritent un engagement politique. Mais pour que cet engagement porte ses fruits il doit précisément dépasser les intérêts immédiats pour s’inscrire dans la durée, en universalisant les revendications personnelles. Car c’est dans la mesure où l’on est capable de comprendre les problèmes généraux d’une société et d’essayer d’y remédier, que l’on peut attendre de cette société qu’elle comprenne nos problèmes particuliers. 

selamivarlik@zamanfrance.fr
Paris

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