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Syrie : la Turquie veut organiser une conférence internationale

La Turquie s'efforce d'organiser « dans les plus brefs délais » une conférence internationale avec les acteurs régionaux et internationaux pour un règlement pacifique de la crise syrienne, a déclaré mercredi son ministre des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu.


 Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan s'est entretenu mercredi de cette question avec le président russe Dimitri Medvedev, faisant part de sa « consternation et son inquiétude » après le double veto de la Russie et la Chine samedi à une résolution de l'ONU condamnant le régime de Bachar al-Assad, a annoncé son service de presse. Erdogan a souligné la nécessité pour la Turquie et la Russie de « travailler en coopération » pour « la restauration de la stabilité et de la paix en Syrie », souligne un communiqué. Les deux hommes sont tombés d'accord pour que leurs ministres des Affaires étrangères se rencontrent « pour des consultations », ajoute le texte. A Moscou, le Kremlin a annoncé que le président russe a jugé lors de cette conversation que la recherche d'une solution devait continuer, « y compris au Conseil de sécurité de l'ONU ». Le double veto sino-russe a soulevé l'indignation des Occidentaux, dont la Turquie, et de plusieurs pays arabes. « Nous sommes déterminés à constituer un forum à base élargie pour une entente internationale avec les pays qui sont préoccupés » par la situation en Syrie, pays voisin de la Turquie, a dit M. Davutoglu sur la chaîne de télévision NTV. Cette conférence pourrait avoir lieu en Turquie ou dans un autre pays, mais doit certainement se dérouler « dans la région » et dans « les plus brefs délais », a souligné le ministre.
Selon le quotidien progouvernemental Sabah, Ankara entend réunir, dans un premier temps, les « pays amis » de la Syrie faisant partie de la Ligue arabe et convoquer à Istanbul une conférence internationale avec la participation des pays arabes, de ceux membres du Conseil de sécurité de l'ONU et de l'Union européenne afin d'évoquer les perspectives de règlement de la crise en Syrie.

S’engager pour la stabilité du pays
La Turquie souhaite mettre en œuvre « une nouvelle feuille de route » concernant la Syrie, a dit le ministre. M. Davutoglu devait de son côté quitter Ankara dans l'après-midi pour effectuer une visite de travail aux Etats-Unis, allié traditionnel de la Turquie, afin d'y évoquer le dossier syrien. Au cours de cette visite, jusqu'à dimanche, il a prévu de rencontrer, entre autres, son homologue Hillary Clinton et Thomas Donilon, le conseiller à la Sécurité nationale des États-Unis. M. Davutoglu a une nouvelle fois exclu l'option militaire en Syrie, mais affirme que « la Turquie n'autorisera pas que la région s'enlise dans l'instabilité ». Il a prévenu que si la Syrie ne se conformait pas aux exigences internationales, elle pourrait se retrouver dans un isolement international, identique à celui de la Corée du Nord. Mardi, M. Erdogan avait évoqué « une nouvelle initiative » internationale de son pays pour la Syrie. « Nous allons prendre une nouvelle initiative avec des pays qui soutiennent le peuple et non le régime » syrien, avait-il déclaré, sans donner de détails. La Turquie a rompu avec son ancien allié syrien du fait de la violente répression des manifestations, qui a fait plus de 6.000 morts selon des organisations de défense des droits de l'homme, depuis mars 2011.

Ankara

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