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Tensions intercommunautaires : que s'est-il vraiment passé en Corse ?

Des affrontements ont opposé dans la nuit de samedi 13 août trois familles maghrébine et plusieurs dizaines d’habitants de Sisco, un village de Haute-Corse au nord de Bastia. Un embrasement local allumé à la suite d'une rixe sur une plage dont les circonstances exactes n'ont pas encore été établies. Une enquête va être ouverte.

Lundi, Août 15, 2016 - 13:33

Que s'est-il vraiment passé en Corse samedi 13 août dans la localité de Sisco, village de Haute-Corse ? Difficile de le dire, les différentes versions faisant actuellement l'objet d'une enquête menée par la section de recherches de la gendarmerie d’Ajaccio sous la direction du parquet de Bastia selon les déclarations de Frédérique Olivaux-Rigoutat, procureure adjointe au tribunal de grande instance de Bastia, rapportées par Le Monde.

Selon les témoignages recueillis pour le moment, une soirée de violences a frappé pendant plusieurs heures le village de Sisco, avec au terme des violences, des jets de bouteilles et de pierre, des échanges de coups et l'incendie de trois véhicules.

Une bagarre sur la plage

Des violences majeures consécutives à une rixe qui aurait opposé les membres d'une famille maghrébine, qui se baignait sur la plage, avec un homme et un adolescent qui prenaient des photos séparément de la plage.

Les deux individus frappés auraient alertés leurs proches parents qui se seraient rendus sur place en présence de plusieurs dizaines d'habitants du village.

Habitants de Sisco en colère après les violences qui ont échaudé le village corse.

Selon les témoignages publiés par Le Monde, l'un des habitants du village aurait reçu «deux coups de flèche de harpon dans le bassin en tentant de protéger son fils, également blessé». «La situation s’embrase aussitôt. L’un des adultes d’origine maghrébine est molesté puis précipité sur le bas-côté de la route. Un autre est frappé. Tous deux seront finalement évacués vers le centre hospitalier de Bastia, où sont aussi transportés le père et le fils blessés», raconte Le Monde.

Malgré la mise en place d'un périmètre de sécurité par les CRS et la gendarmerie mobile, la colère des habitants semble indomptable et des voitures sont incendiées.

A Bastia, «on est chez nous»

A la suite de cette rixe, plus de 300 personnes ont défilé dimanche après-midi dans les rues de Bastia en direction du quartier populaire de Lupino, où vivraient les familles d’origine maghrébine aux cris de «on est chez nous», laissant craindre un risque d'escalade même si la manifestation s'est déroulée dans le calme.

Une délégation d’une vingtaine de personnes, dont plusieurs membres des familles de Sisco, précise le quotidien français, y a été reçue par le secrétaire général de la préfecture en compagnie du directeur de cabinet du préfet.

Les autorités publiques appelleront les parties présentes à renoncer à la violence. Moins de 48 heures après les faits, la tension était néanmoins toujours palpable en Corse.

La classe politique, de tout bord, a unanimement fait appel au calme. «Nous appelons solennellement au calme et au refus de toute réaction inappropriée. Ces événements et le contexte d’ensemble dans lequel ils se produisent suscitent, partout en Corse, et particulièrement dans la région bastiaise, une tension importante [qui] ne doit en aucun cas rejaillir sur l’ensemble de la population originaire du Maghreb, dont la très grande majorité respecte nos valeurs», ont écrit dans un communiqué Gilles Simeoni, président du Conseil exécutif de la Corse et Jean-Guy Talamoni, président de l’Assemblée de Corse.

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