Par Redaction | jeu, 09/08/2012 - 15:25

Un membre fondateur du parti islamiste Ennahda au pouvoir en Tunisie, l’avocat et militant Abdelfattah Mourou, a été violemment agressé et légèrement blessé dans la nuit de dimanche à lundi par un militant islamiste radical, a indiqué à l’AFP le fils de la victime, Dhiaeddine Mourou. Selon cette source, Me Mourou a été frappé car il a pris la défense, lors d’une conférence à Kairouan (centre) sur l’islam et la tolérance, de Youssef Seddik, un penseur tunisien honni par les islamistes radicaux, qui se faisait insulter par une partie du public. «Une de ces personnes a pris un verre et l’a jeté à la tête» de M. Mourou, a expliqué son fils, ajoutant que son père avait été soigné, et que cinq points de suture lui ont été faits au front. Sur une vidéo mise en ligne, on voit en effet le bras d’un homme saisissant un verre et le brisant sur la tête d’Abdelfattah Mourou, 64 ans. L’agresseur, Thameur Wahada, la quarantaine, est membre de l’association religieuse Abou Zid Al Kaïrawani. Son appartenance à Ennahdha a été démentie par le responsable local du parti au pouvoir, qui a par ailleurs vivement condamné l’agression. Condamné en 2007 pour appel à la violence, Thameur Wahada a bénéficié de l’amnistie générale décrétée en mars 2011 par l’un des gouvernements post-révolution. La victime, Me Mourou, est l’un des fondateurs de Ennahda, parti qui domine la coalition tripartite actuellement au pouvoir en Tunisie. Il avait rompu dans les années 1990 avec ce mouvement avant de rejoindre de nouveau ses rangs mi-juillet lors du congrès du parti. Les islamistes radicaux, les salafistes en particulier, sont à l’origine de plusieurs coups d’éclat et d’actes de violence depuis janvier 2011 et la révolution qui a renversé le régime de Zine El Abidine Ben Ali. Plusieurs organisations de la société civile et l’opposition parlementaire dénoncent le manque de fermeté dont fait preuve Ennahda à l’égard de cette mouvance.
