Par Redaction | jeu, 05/01/2012 - 13:29

Le cimetière public musulman de Strasbourg, le premier en France à être créé et géré par une municipalité, sera inauguré le 6 février, a-t-on appris mardi auprès de la Ville. Aménagé dans le sud, sur un terrain de plus d’un hectare contigu à l’un des grands cimetières strasbourgeois, le lieu pourra accueillir près d’un millier de sépultures, avec une extension possible si nécessaire. Afin de permettre aux familles qui le souhaitent de respecter les rites musulmans, les sépultures du cimetière seront orientées vers la Mecque, une place a été aménagée pour la prière et des salles ont été équipées dans un petit bâtiment pour les ablutions. En Alsace-Moselle, la loi de 1905 sur la laïcité ne s’applique pas et les pouvoirs publics peuvent intervenir dans l’organisation et le financement des cultes. En règle générale, seuls les carrés musulmans dans des cimetières publics multiconfessionnels sont possibles. Huit carrés musulmans existaient déjà à Strasbourg dans les cimetières publics, mais ils arrivaient à saturation depuis plusieurs années, conduisant des familles à inhumer leurs proches dans leurs pays d’origine pour respecter les rites musulmans. La création du cimetière musulman de Strasbourg avait été approuvée en juin 2010 par le conseil municipal de Strasbourg. Le Conseil régional du culte musulman (CRCM) et un comité de pilotage regroupant des associations musulmanes ont été associés au projet. Le seul cimetière musulman connu en métropole a longtemps été celui Bobigny, créé dans les années 1930, mais il l’a été sous statut privé comme annexe d’un hôpital, et il a récemment changé de statut en devenant formellement le carré musulman du cimetière communal. « Le culte musulman n’est pas dans le Concordat, mais on essaie de le mettre au même niveau grâce au droit local », indique Anne-Pernelle Richardot, adjointe au maire (PS) de Strasbourg. La ville a ainsi consacré un budget de 800.000 euros à la création de ce cimetière, dont elle assurera la gestion.
Le Concordat alsacien : un régime d’exception laïque
La loi de séparation laïque de 1905 n’est pas appliquée en Alsace-Moselle en raison du Concordat établi à partir de 1801 et les quatre cultes catholique, luthérien, réformé et juif y bénéficient d’un statut officiel. Prêtres, laïcs, pasteurs et rabbins sont rémunérés par l’Etat. Les évêques de Strasbourg et Metz sont nommés par le président de la République. Le président de l’Eglise protestante de la Confession d’Augsbourg d’Alsace et de Lorraine (EPCAAL) est lui aussi nommé par l’État. La nomination des membres laïcs élus dans les consistoires israélites des trois départements doivent être automatiquement validées par le Premier ministre. Les partis de gauche ont souvent mentionné l’abolition de ce statut particulier dans leur programme politique sans l’avoir jamais appliqué. Depuis 2006, une proposition de loi tente d’intégrer le culte musulman dans le dispositif concordataire.
