Par Redaction | jeu, 31/05/2012 - 13:30

A Tel-Aviv, une violente mobilisation contre la présence jugée indésirable d’immigrants africains en provenance du Soudan et de l’Erythrée s’est soldée par le pillage de plusieurs magasins. Une inquiétante montée du racisme justifiée au plus haut niveau par le ministre de l’Intérieur israélien qui appelle à «mettre derrière les barreaux» tous les immigrés africains.
Une manifestation qui a dégénéré en violences racistes à Tel-Aviv a déclenché jeudi une virulente polémique sur la présence en Israël de quelque 60.000 immigrants clandestins, la plupart Soudanais et Erythréens, entrés illégalement via le Sinaï égyptien. Mercredi soir, un millier d’Israéliens ont défilé dans le quartier défavorisé de Ha-Tikva, situé dans le sud de Tel-Aviv, aux cris de «Les Soudanais au Soudan» et autres slogans xénophobes. Certains des manifestants ont attaqué et pillé des magasins tenus par des Africains et endommagé plusieurs voitures transportant des immigrés, a précisé à l’AFP le porte-parole de la police, Micky Rosenfeld. La police a interpellé 20 protestataires et demandé jeudi à la justice de prolonger la garde à vue de 16 d’entre eux, dont 4 mineurs. Pour tenter d’endiguer l’afflux de clandestins, le gouvernement israélien a accéléré la construction d’une clôture de 250 km le long de sa frontière avec l’Egypte, très poreuse car passant en plein désert du Sinaï. L’ouvrage devrait être achevé à la fin de l’année. Selon le ministère de l’Intérieur, 62.000 immigrés illégaux se sont «infiltrés» depuis 2006 en Israël en provenance surtout du Soudan, du Sud-Soudan et de l’Erythrée.
Incitation à la haine raciale
A Tel-Aviv, les Africains étaient peu nombreux jeudi dans le marché du quartier Ha-Tikva, théâtre des violences de mercredi soir. «Il y a 70 % de Noirs en moins ce matin», se réjouit A., propriétaire d’une petite boutique de vêtements. Cet Israélien de 24 ans, qui préfère rester anonyme, explique que l’afflux d’Africains provoque un sentiment d’insécurité chez les habitants les plus âgés du sud de Tel-Aviv. «La seule solution est de les renvoyer chez eux», insiste une Israélienne en achetant des tomates à une échoppe voisine. A la suite d’une récente vague de criminalité impliquant des immigrés, un vif débat s’est engagé sur le nombre des Africains en Israël. Le ministre de l’Intérieur Elie Yishaï, chef du parti religieux Shass, a déclaré à la radio militaire qu’il fallait «mettre derrière les barreaux» tous les clandestins africains pour «protéger le caractère juif de l’Etat d’Israël». Yariv Oppenheimer, le dirigeant de l’association anti-discrimination La paix maintenant, a demandé au procureur général d’ouvrir des poursuites pour «incitation à la haine raciale» à l’encontre des députés du Likoud présents à la manifestation. Deux rassemblements antiracistes étaient prévus dans la soirée à Tel-Aviv et Jérusalem.
Paris
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