Victoire historique des Frères musulmans en Egypte

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63 ans après la mort de son leader Hassan al-Banna, le mouvement des Frères musulmans vient de remporter une victoire historique en portant démocratiquement à la tête de l’Egypte son candidat Mohamed Morsi, élu président.

Le candidat des Frères musulmans Mohamed Morsi a été déclaré dimanche vainqueur de l’élection présidentielle en Egypte, devenant ainsi le premier leader des Frères musulmans à parvenir à la tête du pays le plus peuplé du monde arabe. M. Morsi a obtenu 51,73 % des voix contre 48,27 % pour Ahmad Chafiq, dernier Premier ministre de Hosni Moubarak, a déclaré le président de la commission électorale, Farouk Soltan. Agé de 60 ans, Mohamed Morsi, ingénieur diplômé d’une université américaine, est le premier président élu depuis le départ de M. Moubarak, contraint à la démission par une révolte populaire en février 2011. Il est aussi le premier civil à devenir chef de l’Etat depuis la chute de la monarchie en 1952, ses prédécesseurs étant tous sortis des rangs de l’armée. Sa victoire a été saluée par une explosion de joie place Tahrir au Caire, où la foule a grossi en soirée pour atteindre des centaines de milliers de personnes. «L’ancien régime est parti. C’est bon pour l’Egypte et les Egyptiens», a réagi l’un d’eux, Khaled Abdel Satar. «C’est une victoire pour la révolution égyptienne», a dit un autre manifestant, Mohammed Abdel Ghafar, un avocat. Son ami Ahmed Chabrawi s’est de son côté félicité du transfert prochain du pouvoir à un président civil. 
 
Les manœuvres de l’armée
Le Conseil suprême des forces armées (CSFA), qui dirige le pays depuis la chute de Hosni Moubarak, a promis de remettre le pouvoir exécutif au nouveau président avant la fin du mois. Son chef, le maréchal Hussein Tantaoui, a adressé ses félicitations dimanche à M. Morsi. Fort d’une légitimité acquise lors d’une élection où les Egyptiens ont pu pour la première fois choisir leur président librement, le chef d’Etat disposera toutefois d’une marge de manœuvre très réduite face au Conseil militaire. Dans une Déclaration constitutionnelle complémentaire, l’armée a en effet récupéré le pouvoir législatif après la dissolution mi-juin de l’Assemblée, en vertu d’un jugement déclarant illégal le mode de scrutin. Toute réforme restera donc, jusqu’à l’élection d’une nouvelle Chambre des députés à une date non précisée, soumise au contrôle des militaires. L’armée garde également un droit de regard sur la rédaction de la future Constitution, ainsi que des prérogatives importantes en matière de sécurité et de maintien de l’ordre dans ce pays de 82 millions d’habitants. Un responsable des Frères musulmans, Mohamed el-Beltagui, a indiqué que les partisans de la confrérie poursuivraient leur sit-in sur la place Tahrir «jusqu’à l’annulation de la Déclaration constitutionnelle complémentaire», en ajoutant que le CSFA «n’a pas le droit de confisquer le pouvoir exécutif ni législatif». 
 
Un revers pour Israël
Selon la commission électorale, le taux de participation s’est élevé à 51 % pour le second tour de cette présidentielle qui s’est tenu les 16 et 17 juin, contre 46 % lors du premier tour les 23 et 24 mai. Chef du Parti de la justice et de la liberté (PLJ), issu des Frères musulmans, M. Morsi a bénéficié lors de sa campagne du soutien de l’immense réseau militant de la confrérie, la plus importante et la mieux organisée des forces politiques du pays. L’Eglise copte orthodoxe d’Egypte a félicité le président élu, selon la télévision publique. Les Etats-Unis ont félicité le nouveau président en appelant à l’unité nationale et espérant que l’Egypte resterait un «pilier de la paix dans la région». Le mouvement palestinien Hamas, au pouvoir à Gaza, a de son côté salué la victoire «historique» de M. Morsi, y voyant un «revers» pour ceux qui tentent de coopérer avec «l’ennemi» israélien.
Paris

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