Par Nicolas Theodet | jeu, 05/01/2012 - 13:26

Depuis 2006, année de sa fondation, l’association Ziara se consacre à accompagner et apaiser la souffrance des malades étrangers, souvent isolés et victimes de la barrière linguistique. Un travail qui commence à porter ses fruits comme l’illustre la convention que lui a octroyée l’hôpital de la Pitié-Salpétrière, à Paris.
Ziara est une association créée en 2006 par Déborah Hadjouti. Elle a pour but d’apporter de l’aide aux personnes étrangères atteintes de maladie ou en cours de traitement. C’est lorsqu’elle rend un jour visite à un malade étranger que Déborah Hadjouti se rend compte des difficultés que ce type de patients peut rencontrer. « C’est une idée personnelle », confie-t-elle, en évoquant son désir de remédier aux multiples problèmes auxquels ils font face, dont la question de « la barrière linguistique ». Sa rencontre avec Safiya Djedaied lui permit de créer Ziara, qui débuta par un réseau de bouche à oreille, et développa ses activités au cours de ces cinq dernières années. « Le but de cette association est de leur changer les idées, leur faire oublier leur maladie pour que leur moral et leur enthousiasme ne disparaissent pas à cause de la solitude », nous dit-elle. « Il est important que les personnes étrangères qui se font soigner en France aient un contact avec quelqu’un », explique Déborah. Pour l’association Ziara, la démarche a autant un sens pour les malades que pour les bénévoles. C’est un apprentissage du respect, de l’écoute et de l’amour d’autrui. « Le but est de participer aussi à la création d’un islam de France, et ceci, par l’organisation et le renforcement des liens et de l’entraide entre nous. »
Des formations proposées sur les rites funéraires
Ziara propose également à ses patients une formation sur les rituels funéraires musulmans pour aider les personnes à préparer le voyage de leurs proches : « Nous nous sommes rendu compte du manque total d’organisation et d’assurance quant à l’application stricte du lavage funéraire islamique en cas de décès », déclare-t-elle. La responsable associative s’étonne que « certains hôpitaux ne savent même pas de quelle confession religieuse sont leurs malades ». L’encadrement par des infirmières, des psychologues, des médecins et des animatrices d’enfants donne un exemple de l’importance de l’association pour les bénéficiaires et leurs services médicaux. Elle est même encouragée par les hôpitaux parisiens à obtenir l’officialisation de l’Assistance publique des hôpitaux de Paris (AP-HP), qui lui permettrait d’être reconnu et d’acquérir un accès plus facile au sein des établissements médicaux. Aujourd’hui, Ziara prend une importance sociale, en étant notamment conventionnée par l’hôpital de la Pitié-Salpétrière à Paris. Un partenariat avec une association a même vu le jour : « Nous sommes déjà en partenariat avec une autre association à Marseille, Le Trait hospitalier. » Cette branche correspondante de Ziara est totalement indépendante, mais contribue à exporter le nom de l’association hors de la région parisienne. D’après la présidente, le groupe lui-même devra se lancer dans un projet national. « Il y a eu une tentative, mais la lenteur des administrations fait qu’elle n’a pas fonctionné », nous dit Déborah Hadjouti. Elle conclut malgré tout sur une pointe positive : « Je n’oublie pas cet objectif. »
