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Enes Kanter : «En tant que musulman, j'ai été impressionné du respect de la NBA envers ma pratique religieuse»

Jeudi, Juin 16, 2016 - 18:09

Interview exclusif avec le basketteur turc de la NBA, Enes Kanter. Il revient pour Zaman France sur son parcours, ses intérêts et ses rapports avec l'islam.

 

Vous êtes un immigré turc qui avez réussi aux États-Unis. En tant que musulman, comment s’est déroulé votre intégration dans la Nation du basket-ball et dans votre équipe ?

Une chose que je peux dire à propos de l’Amérique, qui m’a impressionné et qui m’a vraiment mis à l’aise, c’est à quel point ils sont respectueux. La première fois, ma première impression quand je suis arrivée dans l’équipe, est qu’ils étaient très respectueux en tout point : mes heures de prières, le Ramadan, la nourriture halal… Ils m’ont vraiment mis à l’aise, et m’ont fait sentir que j’étais chez moi. Surtout que j’avais beaucoup d’appréhension quand j’ai été transféré à Oklahoma City, comme je l’ai dit, pour des choses comme les horaires de prières, le Ramadan, la nourriture halal… Mais ils ont vraiment respecté tous ça.

Donc je suis arrivé, et ils m’ont alloué une pièce, spécialement pour moi pour que je puisse y aller, avant les matchs ou après les matchs, avant les entraînements, après les entraînements, je peux y aller, faire mes prières, si je le souhaite… et je me suis senti spécial. Deuxième chose à propos de la nourriture halal, ils ont commandé de la nourriture halal de New York, c’est quelque chose comme 3 heures de vol, et ils l’ont servi à toute l’équipe. Donc avant les matchs, après les matchs, même quand on est sur la route, ils ont commandé des plats halal pour moi, et j’essayais de les partager avec mes coéquipiers. L’Amérique n’est pas un pays musulman, mais quand je vois ce genre de choses, à quel point ils sont respectueux, ça me fait ressentir que je suis chez moi. Et c’est vraiment incroyable, j’apprécie vraiment tout de l’organisation Thunder.

Durant votre enfance à Van (Turquie), aviez-vous le rêve de devenir basketteur professionnel à la NBA ?

Je me souviens, je devais avoir 8 ou 9 ans, je ne voulais pas être basketteur, je voulais être joueur de football. Mais j’étais assez grand et assez lourd… du coup on me nommait toujours gardien de but, et ça m’ennuyait. Donc je me suis dit, je suis assez grand, pourquoi ne pas juste changer de sport et essayer d’être un joueur de basket. Donc j’avais 8-9 ans, je voulais devenir un joueur pro à la NBA, j’avais fixé mes rêves, quand j’avais 8-9 ans, et j’ai vraiment travaillé dur pour ça. Il y a un très bon proverbe qui dit, «Si personne ne croit en toi, crois en toi-même».

Les gens autour de moi, mes amis, ma famille, ils ne croyaient pas vraiment que je puisse devenir un jour un basketteur à la NBA. Je me souviens de mon père et de ma mère qui me disaient, «Arrête de rêver et va étudier, étudie tes cours…». Mais je voulais juste devenir joueur de basket tout en faisant mes études. Mon père disait : «Je ne veux pas que tu sois juste un simple joueur de basket, je veux que tu sois un bon élève avant d’être un bon joueur.» J’ai donc travaillé vraiment dur, je me suis donné à 100 % dans ce que je faisais, j’étais concentré, et je voulais surtout représenter mon pays, représenter ce en quoi je crois, représenter les gens que j’aime, et voilà, Dieu m’a fait ce cadeau, et je suis aujourd’hui en NBA.

Comment s’est déroulé votre dernière saison avec votre équipe Oklahoma City Thunder ? D’après-vous, qui va arriver vainqueur ?

J’aurais aimé dire, «Nous allons gagner la finale», mais alors je ne serais pas là, je serais plutôt aux États-Unis en train de jouer les finales. Mais pour les finales, je pense que Golden State Warrior va gagner. Ils mènent 3-2 pour le moment, ils jouent leur jeu, et je crois même qu’ils ont battu un record en saison régulière. Ma dernière saison avec OKC était incroyable, car on a fini troisième dans la conférence de l’ouest, puis on a battu Dallas Mavericks et San Antonio Spurs. Tout le monde s'attendait à ce qu’on perde contre San Antonio Spurs. Et la finale, on a réussi a mener les séries a 3-1 contre Golden State. Mais on a perdu.

Ca a vraiment été un triste moment pour la Thunder Nation, j’espère que nous arriverons en finale la saison prochaine. Mais cette année passée était sans conteste une année incroyable. J’ai beaucoup appris en dehors du basket-ball, sur le terrain, hors du terrain, vous savez avec des joueurs comme Kevin Durant, Russell Westbrook, m’ont rendu beaucoup plus mûr. Et je me sens vraiment bien, et à chaque fois, je sais qu’ils me couvrent et jouer avec ce genre de superstars me donne vraiment confiance en moi.

D’après vous qui est le meilleur jour de basket français?

Actuellement je pense que c’est Tony Parker. On a joué contre lui, et il a vraiment bien joué et je pense qu’il est actuellement le meilleur.

Et qui est le meilleur parmi les joueurs turcs ? - après vous bien sûr :)

Actuellement je pense que c’est Ömer Aşık. Il joue pour Pelicans de La Nouvelle-Orléans. Il a signé un contrat avec eux pour 5 ans. Il joue vraiment bien, c’est un mec super grand, et il se défend très bien, et je pense qu’il est actuellement le meilleur joueur turc.

Vous avez rasé votre moustache, mais nous vous connaissons vous et Steven Adams comme les «Stache Brothers». Allez-vous la laisser repousser ?

Juste après que j’ai rasé ma moustache et que j’ai mis la vidéo en ligne et les photos, les gens étaient consternés, ils n’arrivaient pas à croire que j’avais pu raser ma moustache, car c’était devenu une nouvelle mode pour la Thunder Nation. Je me souviens de gens qui prennent des photos, des selfies avec leur moustache. C’était vraiment bien… et je vais me laisser repousser la moustache. Pas maintenant, mais peut-être quand la nouvelle saison commencera.

Vous avez beaucoup de fans, particulièrement parmi la communauté turque de France. Avez-vous un message pour eux ?

Oui, j’ai un message pour eux ! Tout d’abord, merci à eux. C’est la deuxième fois que je viens ici, et à chaque fois que je viens, je rencontre des gens chaleureux et accueillant. Et j’ai eu l’occasion de faire un petit tour, à Paris, c’est une ville incroyable, beaucoup de gens bien, beaucoup de bonne nourriture, beaucoup de bons amis, de bons amis turcs…

Et je voudrais juste dire, mon message, c’est continuer à me soutenir, à nous soutenir, car on est là pour vous représenter, et ils sont là pour nous représenter. Donc je veux juste leur dire, priez pour nous, et j’espère que l’année prochaine, on sera aux finals.

Vous avez déjà visité la Belgique, les Pays-Bas et maintenant la France. Pourquoi cette tournée ?

Nous allons bientôt officialiser notre fondation, appelé ‘Enes Kanter Light Foundation’. Nous voulons faire un tour, voir le monde, voir ce qu’il y a ailleurs, rencontrer la communauté turque, voir nos amis, et quand on y est, faire également des activités caritatives, également y parler de basket-ball, et comment est la vie en dehors du basket, et comment on devient un joueur de NBA, comment rester en bonne santé, se coucher tôt…

Donc on y va, et on raconte ce qu’on sait du basket, et de la vie, et c’est ce qu’on fait. Là, on est en Europe, notre prochain arrêt sera l’Afrique, puis après ce sera l’Amérique latine. Ça va être sympa !

 



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