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Erdogan menace de ne pas appliquer sa part de l'accord avec l'UE

Recep Tayyip Erdogan menace de ne plus réadmettre de migrants en Turquie dans le cadre de l'accord destiné à freiner leur afflux sur le territoire de l'Union européenne, à qui il reproche dans une interview au Monde de ne pas appliquer sa part du compromis conclu en mars.

Lundi, Août 8, 2016 - 14:09

Recep Tayyip Erdogan menace de ne plus réadmettre de migrants en Turquie dans le cadre de l'accord destiné à freiner leur afflux sur le territoire de l'Union européenne, à qui il reproche dans une interview au Monde de ne pas appliquer sa part du compromis conclu en mars.

De manière générale, le président turc déplore dans cet entretien publié lundi l'attitude des pays occidentaux, qui se sont montrés selon lui beaucoup trop mesurés dans leur critiques du coup d'Etat manqué du 15 juillet.

Depuis trois semaines, les réactions à cette tentative de putsch et la reprise en main vigoureuse de l'appareil d'Etat par le pouvoir turc ont jeté un froid dans les relations entre l'UE et la Turquie, sur lesquelles repose la mise en oeuvre de l'accord sur les réfugiés.

Ankara a jusqu'ici appliqué les termes de cet arrangement, qui consiste pour la Turquie à empêcher les candidats à l'exil de gagner les rives de la Grèce et à réadmettre ceux qui y seraient parvenus en échange d'une aide financière et de la promesse d'un assouplissement du régime des visas pour les Turcs voyageant dans l'UE.

"L'accord de réadmission et l'exemption de visas devaient entrer en vigueur simultanément le 1er juin. Nous sommes aujourd'hui en août et il n'y a toujours pas d'exemption de visas", regrette Recep Tayyip Erdogan dans Le Monde.

"Si nos demandes ne sont pas satisfaites, les réadmissions ne seront plus possibles", ajoute-t-il.

"Inacceptable"

"L'Union européenne ne se comporte pas de façon sincère avec la Turquie. Nous accueillons actuellement trois millions de réfugiés alors que la seule préoccupation de l'UE est qu'ils n'arrivent pas sur son territoire", dit encore Erdogan.

Fin juillet, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, avait dit redouter un enterrement de l'accord et une nouvelle vague migratoire vers les côtes européennes.

Après la tentative de soulèvement d'une partie de l'armée, les pays occidentaux ont condamné le putsch et apporté leur soutien au gouvernement en place, mais ont par la suite émis des critiques concernant les vastes purges au sein des institutions.

"Quand M. Poutine m'a appelé pour me présenter ses condoléances, il ne m'a pas critiqué sur le nombre de militaires ou de fonctionnaires limogés. Alors que tous les Européens m'ont demandé : pourquoi tant de militaires sont en détention, pourquoi tant de fonctionnaires ont été démis ?", déclare Recep Tayyip Erdogan.

"Au lieu de faire preuve d'empathie, les dirigeants occidentaux ont eu la réaction opposée. Cela nous attriste, c'est inacceptable", poursuit le président, qui dresse un parallèle avec la grande manifestation organisée à Paris après les attentats de janvier 2015.

"Le monde entier avait réagi à l'attaque contre Charlie Hebdo. Notre premier ministre s'était joint à la marche dans les rues de Paris. J'aurais souhaité que les leaders du monde occidental réagissent également à ce qui s'est passé en Turquie", dit-il.

"Les Occidentaux ne devraient pas se soucier du nombre de personnes arrêtées ou limogées. Un Etat a le droit de recruter et de licencier les fonctionnaires qu'il souhaite, la Turquie n'a jamais posé ce type de question à ses partenaires occidentaux", se justifie le président turc.

Plus de 60.000 militaires, magistrats, fonctionnaires et enseignants ont été arrêtés, limogés ou suspendus en Turquie depuis la nuit du 15 au 16 juillet.

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