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Farida Belghoul : «La théorie du genre avance à visage masqué derrière l'égalité»

Enseignante, cinéaste et écrivain, Farida Belghoul est une femme engagée  pour l'interdiction de la théorie du genre à l'école. Dans le cadre de la Journée de retrait de l'école, une action destinée à informer les parents sur les enjeux de cette théorie, elle considère, dans un entretien exclusif à Zaman France, que la lutte contre l'homophobie et pour l'égalité a été utilisé par le gouvernement pour inculquer aux enfants la négation des différences sexuelles.

Jeudi, Janvier 23, 2014 - 21:21

Enseignante, cinéaste et écrivain, Farida Belghoul est une femme engagée  pour l'interdiction de la théorie du genre à l'école. Dans le cadre de la Journée de retrait de l'école, une action destinée à informer les parents sur les enjeux de cette théorie, elle considère, dans un entretien exclusif à Zaman France, que la lutte contre l'homophobie et pour l'égalité a été utilisée par le gouvernement pour inculquer aux enfants la négation des différences sexuelles.

Lorsque vous parlez d'introduction de la théorie du genre à l'école, à quoi faites-vous référence concrètement ?

Au programme ABCD de l'égalite1. La théorie du genre avance au nom de l'égalité. C'est d'ailleurs plus une idéologie qu'une théorie. Cette idéologie s'immisce dans les programmes scolaires de manière extrêmement pernicieuse et à visage masqué derrière l'égalité.

Vous avez le programme pour les primaires de l'ABCD de l'égalité qui consiste à lutter contre les stéréotypes de genre et à diffuser la théorie du genre dans l'esprit des enfants. Les ministres Vincent Peillon et Najat Vallaud-Belkacem disent que cette théorie n'existe pas. Ils prétendent avoir mis en place un dispositif de lutte contre les discriminations homophobes, contre les stéréotypes de genre et pour l'égalité garçons-filles.

Qui défend aujourd'hui cette théorie ?

Les féministes radicales comme Judith Butler2 et tous les membres d'un lobby influent qui est le lobby LGBT (Lesbiennes, gays, bisexuels et transgenre, ndlr), assez influent pour que cela devienne une priorité nationale de l'éducation nationale dans les programmes scolaires. Ceci alors que nous avons des taux d'illétrisme de plus en plus important dans les écoles et pas seulement dans les quartiers populaires, dans les couches moyennes aussi.

Au moment où les élèves ne maîtrisent pas le calcul le plus élémentaire, le gouvernement considère que la priorité est de lutter contre l'homophobie et contre les stéréotypes de genre. Ses projets sont clairs : généraliser à tous les niveaux de l'école française, de la crèche à la terminale, l'idéologie du genre.

A quoi attribuez-vous cette position du gouvernement ?

Il s'agit d'un mouvement qui est mondial aujourd'hui et qui tient au fait que l'humanité connaît en ce moment une décadence dont elle doit se relever impérativement. C'est au-delà du politique. Le politique est devenu l'instrument d'un projet spirituel, au sens "maléfique" du terme.

Qu'espérez-vous de cette action nationale lancée par le JRE qui débute le 24 janvier ?

J'espère alerter des parents qui ne sont pas informés des plans du gouvernement en jetant la lumière sur ce projet, afin que ces parents puissent défendre leurs enfants. Seuls les parents peuvent le faire et en le faisant sauver notre société car les enfants sont l'avenir de cette société. Une fois informés, les parents pourront se mobiliser pour l'interdiction de l'introduction de la théorie du genre sous toutes ses formes.

Si cette théorie est intégrée dans le prochain programme scolaire, comment cette mobilisation que vous appelez pourrait demander son interdiction ?

Nous n'en sommes pas encore là.  Pour l'instant, les choses en sont au stade expérimental avec le programme de l'ABCD de l'égalité. Il est donc indispensable que les parents de toutes convictions qu'ils soient musulmans, catholiques, athées, etc, se mobilisent maintenant.

Cette mobilisation prend la forme d'une journée de retrait d'école, mensuel, qui s'organise par des comités locaux dans toute la France, avec des dates différentes par région, pour interdire la théorie du genre. Nous ne sommes pas en opposition avec le gouvernement, c'est lui qu'il l'est avec notre position qui représente la norme.

Ce sujet relance donc le débat sur l'école, lieu d'éducation ou d'instruction ?

En effet. Ces JRE sont aussi l'occasion d'appeler à la restauration d'un ministère de l'Instruction publique car l'éducation appartient aux parents et non à l'Etat. L'Etat n'a pas à éduquer nos enfants donc le ministère ne doit pas s'appeler Education nationale mais revenir à l'ancienne appellation d'Instruction publique. En maintenant cette appelation, on retire aux parents leurs rôle d'éducateurs pour le confier à l'Etat. C'est ce qu'on appelle le totalitarisme.

Avez-vous tenté de rallier les associations de parents d'élèves à ce mouvement ?

Le problème est que la plupart des associations de parents d'élèves, telle que la FCPE, ont choisi le camp du gouvernement quant elles ne lui sont pas directement rattachées. Il ne s'agit pas d'accabler seulement le gouvernement socialiste car Luc Chatel avait lui aussi introduit en 2011, dans les livres de SVT des classes de première, un chapitre qui s'intitulait «devenir homme ou femme».

Devenir cela implique qu'on ne naît pas homme ou femme, mais qu'on le devient ! C'est l'idéologie du genre.  J'ai écrit un livre pour les enfants de 6 à 10 ans, qui sortira bientôt et qui s'intitulera "Papa porte un pantalon et maman porte une robe" illustré par le dessinateur Hugo, en réponse au livre "Papa porte une robe". 

1Programme d'expérimentation lancé en décembre 2013 par le gouvernement dans 10 académies et plus de six cent classes, les "ABCD de l'égalité" visent "à transmettre dès le plus jeune âge une culture de l'égalité et du respect entre les filles et les garçons en agissant sur les pratiques des acteurs de l'éducation et sur les préjugés des élèves".  

2Judith Butler est une philosophe américaine, féministe, qui a théorisé une conception du genre comme construction sociale idéologique, sur la base d'une distinction entre sexe extérieur renvoyant à la biologie, et genre intérieur, à la culture.

  La «théorie du genre», entre controverses et réalités   Théorie du genre : une «rumeur» infondée pour l'Education nationale

Le note de Redaction sur la JRE

Le retrait des enfants est une mobilisation générale qui a trouvé un écho au sein de la communauté franco-turque, par le biais de sms et d'emails collectifs les prévenant de la JRE. Mis au courant de cette réalité nous avons voulu éclairer le débat en présentant les thèses des deux parties. Le retrait des enfants par leurs parents n'est pas, à notre sens, une démarche appropriée car il ouvre la porte à l'instrumentalisation politique de nos enfants. Quel que soit le débat, il doit se tenir en dehors de l’école. Au vu des inquiétudes des parents, il est important que le Ministère de l'Education soit extrêmement pédagogue et concret à propos de son projet. 

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