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Les femmes musulmanes plus vulnérables à l'islamophobie en Europe

A Bruxelles, le Réseau européen contre le racisme (ENAR) a présenté, jeudi 26 mai, un rapport sur la condition des femmes de confession musulmane en Europe. Les principales problématiques abordées portent sur les violences physiques et verbales ainsi que les discrimination à l'embauche.

Vendredi, Mai 27, 2016 - 17:29

Le Réseau européen contre le racisme (ENAR) a présenté une étude intitulée «Femmes oubliées» relative à l'impact de l'islamophobie sur les femmes musulmanes.

Un rapport qui couvre huit pays européens, l'Allemagne, la Belgique, le Danemark, la France, l'Italie, les Pays-Bas, le Royaume-Uni et la Suède.

L'étude s'axe principalement sur les violences physiques et verbales mais également sur les discriminations à l'embauche.

Discrimination à l'embauche

Dans le monde du travail, les femmes musulmanes connaissent une forme intersectionnelle du racisme. Une discrimination d'abord sur la base du genre puis de l’origine ethnique et enfin de la religion.

Au Royaume-Uni, 12,5% de femmes pakistanaises doivent répondre à des questions sur le mariage et les aspirations familiales lors d’entretiens d’embauche, alors que 3,3% de femmes blanches sont confrontées à de telles questions, soit presque quatre fois plus.

Le port du voile est un obstacle additionnel dans la recherche d’un emploi. En Belgique, 44% des employeurs pensent que le port du voile peut influencer négativement la sélection des candidats.

En France, 81,5% des violences islamophobes ciblaient des femmes en 2014

Dans la plupart des pays, les femmes musulmanes sont plus susceptibles d’être victimes de crimes et de discours de haine que les hommes musulmans, surtout si elles portent le voile. Les femmes musulmanes font face aux menaces, insultes, violences et attaques physiques.

En France, 81,5% des violences islamophobes enregistrées par le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF) en 2014 ciblaient des femmes, la plupart portant un signe religieux visible.

Les violences physiques et verbales côtoient souvent des insultes sexistes et racistes ; et les incidents se déroulent principalement dans les espaces publics.

Les médias et politiques aussi reponsables

Le rapport montre que les préjugés et les représentations stéréotypées de femmes musulmanes sont diffusés dans les médias et discours publics, y compris par certains politiques.

Cette attention négative crée un terrain propice aux pratiques discriminatoires et aux violences au quotidien.

Le rapport pointe la sphère politique et notamment Nicolas Sarkozy, mais également l'actuel Premier ministre Manuel Valls.

Ce dernier avait déclaré en 2013 que «le voile, qui empêche aux femmes d’être ce qu’elles sont, reste pour moi, et doit rester pour la République, un combat essentiel».

Ces prises de position de la part des politiques français représentent selon le rapport de l'ENAR «les niveaux de violence et de rejet auxquels les musulmanes françaises font face».

«L’UE ne peut pas se permettre d’exclure et oublier les femmes musulmanes»

Sarah Isal, présidente d’ENAR, a déclaré que les femmes musulmanes faisaient «l’objet de discriminations et de violences parce qu’elles sont femmes et musulmanes, mais rien n’est fait pour répondre aux discriminations multiples qu’elles subissent», avant d'ajouter

«L’Union européenne ne peut pas se permettre d’exclure et oublier les femmes musulmanes si elle veut prôner l’égalité des sexes et la lutte contre le racisme. Les lois européennes contre les discriminations dans l’emploi et les crimes de haine doivent également les protéger de manière efficace».

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