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Les hommes plus frappés par les discriminations que les femmes

C'est l'étude importante du moment. L'institut nationale des études démographiques publie tous les trois ans une enquête démographique et sociologique toujours très attendue. Intitulée «Trajectoires et origines : enquête sur la diversité des populations en France», le dernier crû de l'Ined dévoile les ressorts de la discrimination et compare les évolutions sociales entre immigrés et enfants d'immigrés.

Lundi, Janvier 11, 2016 - 18:31

«Trajectoires et origines : enquête sur la diversité des populations en France». La dernière étude de l'Ined, réalisée sous la direction de Cris Beauchemin, Christelle Hamel et Patrick Simon, confirme et détaille les grandes lignes des tendances observées chaque année en France sur un certain nombre de phénomène tels que la discrimination, les statistiques sur les taux d'obtention de diplômes, l'accès au marché de l'emploi et la question de l'habitat.

On y découvre toutes sortes de détails socio-économiques. Ainsi, les risques de ne posséder aucun diplôme du secondaire sont plus élevés «pour les descendants de migrants originaires du Maghreb, de Turquie ou d’Afrique subsaharienne.

Les immigrés, hommes et femmes, des mêmes origines enregistrent aussi à qualifications égales – un excès de chômage».

Inégalités salariales

A conditions égales, les hommes immigrés non européens ont un salaire inférieur à leur collègues. Pour les immigrés d’origine subsaharienne, l'Ined observe que le «cumul des désavantages en matière d’horaires professionnels et de temps de transport domicile-travail est à son maximum».

Autre élément intéressant, le décalage entre filles et garçons d'immigrés et entre eux et leurs parents.

«Les fils de migrants occupent des situations inférieures à celles des migrants eux-mêmes, tandis que les filles de migrants ont des situations supérieures à celles des femmes migrantes, car ces dernières étaient et restent nettement plus en retrait et plus défavorisées que les hommes immigrés sur le marché. La progression des filles d’immigrées est d’autant plus spectaculaire que, parmi leurs mères, beaucoup n’avaient pas du tout été scolarisées».

Les écarts entre origines concernant les sorties sans diplôme du système scolaire se maintiennent pour les garçons, alors que les écarts par origine disparaissent pour les filles. Mais des inégalités demeurent sur le marché de l'emploi.

Les hommes plus affectés par les discriminations

Le taux d’emploi des descendantes d’immigrés reste inférieur de 9 points à celui des hommes (61% contre 70%), «car la proportion de celles qui connaissent des situations d’inactivité (hors étude) atteint 10% contre 3% chez les hommes», précise l'Ined qui attribue ce décalage aux modèles éducatifs familiaux.

«Les taux d’inactivité des femmes témoignent à la fois d’un maintien dans des rôles familiaux et masquent aussi des situations de chômage de longue durée non déclarées, mais aussi d’une très forte réduction de l’inactivité féminine, comparativement aux femmes immigrées».

Les descendantes d’immigrées non européens restent également en situation de surchômage et aussi de sur-inactivité en comparaison des femmes de la population majoritaire.

Même constatation chez les hommes avec un plus grand écart qui démontre que «la force des discriminations liées à l’origine les affecte davantage que les femmes».

Un accès relativement meilleur à l'habitat

L’étude des espaces résidentiels montre une amélioration de la position des descendants d’immigrés par rapports aux immigrés, explique l'Ined : «Ils vivent moins souvent en logement social, moins souvent en zone urbaine sensible» et plus souvent dans des quartiers moins frappés par le chômage, «même si leur distribution spatiale demeure éloignée de celle de la population majoritaire».

Un constat qui n'élude pas le fait que «les immigrés et leurs enfants d’origine extra-européenne sont particulièrement concentrés dans les zones urbaines sensibles et l’habitat social».

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