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Marine Le Pen : «Ce n’est pas l’islam qui pose problème, mais sa visibilité»

Accusée de tenir des discours islamophobes, la présidente du Front national, Marine Le Pen, se pose volontiers comme protectrice de l’héritage français, qu’elle définit comme laïc et chrétien.

Mercredi, Avril 3, 2013 - 13:19
marine le pen

"Les voiles, les exigences sur les lieux de prière, les demandes de nourritures spécifiques… tout ça est en contradiction avec notre culture."

marine le pen

Dans un entretien exclusif à Zaman France, elle revient sur ses prises de position polémiques et réaffirme son opposition à l’entrée de la Turquie dans l’UE.

On assiste à la transformation et à la popularisation de l’extrême-droite européenne. Ce ne sont plus des partis minoritaires souvent accusés d’antisémitisme, mais des partis qui représentent une base électorale plus large à cause de leurs discours anti-islam. Quelle est la part de ce discours dans votre stratégie de dédiabolisation ?

D’abord, nous ne sommes pas des partis d’extrême-droite. Nous sommes des partis patriotes et non des partis anti-islam. Je n’oeuvre pas pour que dans les pays musulmans l’islam recule. Ce que je défends, c’est que la France qui est un pays laïc et de racine chrétienne le reste. De la même manière, si 20 millions de protestants arrivaient en Turquie, en exigeant d’imposer leur loi, je pense que les Turcs diraient à ces gens de vivre comme des Turcs.

Vous comparez la France aux autres pays musulmans. Mais l’islam est la deuxième religion en Europe. La majorité des musulmans de France sont Français et ne sont pas des étrangers… 

Il y a toujours eu des musulmans en France. Mais la majorité des musulmans sont arrivés ces trente dernières années. Je ne peux que regretter que cette immigration se fasse sur la base d’une radicalisation religieuse. Or, la multiplication du voile dans les rues n’est pas un simple effet de mode. C’est une démarche politique qui est soutenue d’ailleurs par un certain nombre de pays étrangers comme le Qatar.

 

Au nom de la laïcité et du combat contre les extrémismes religieux, vous ciblez exclusivement l’islam. Les extrémistes existent aussi au sein des catholiques, juifs ou protestants…

On veut absolument faire des comparaisons mais il y en a très peu. Parce que ce sont des religions chrétiennes, elles ont intégré la laïcité depuis bien longtemps. Il n’y a pas de signes ostensibles dans la religion catholique. Il y a des religieux qui portent l’habit mais c’est autorisé par la loi de 1905. Les Français se sentent agressés dans leurs habitudes. Les voiles, les exigences sur les lieux de prière, les demandes de nourritures spécifiques… tout ça est en contradiction avec notre culture. Par conséquent, ce n’est ni l’islam qui pose problème ni même son exercice mais c’est sa visibilité. Dans le passé, il y avait des musulmans qui exerçaient leur religion sans visibilité. Donc quelque chose a changé.

Si vous devenez présidente de la République, quelle sera votre politique concernant les 5 millions de musulmans qui sont Français ?

D’abord, il faut rappeler les règles. Beaucoup ont eu le sentiment qu’ils pouvaient agir comme ils le voulaient à cause du laxisme de nos gouvernants. Je pense qu’une grande partie des musulmans va se soumettre aux règles à partir du moment où celles-ci sont exprimées. Il faut être Français avant d’être musulman. Être Français c’est une fierté. Dans les écoles, il faut remettre en place l’assimilation au sens noble, l’assimilation à la française.

Mais l’islam n’est pas une ethnicité. On ne peut pas être Français et musulman. Ces deux identités sont-elles contradictoires ?

C’est une vrai question. La mondialisation a créé de grosses questions identitaires, pas seulement en France, dans d’autres pays aussi. Or, si l’identité nationale n’est pas forte, les musulmans auront tendance à se replier sur leur identité religieuse. Il faut donc redorer l’identité nationale pour que l’identité religieuse arrive en deuxième position.

Quelle est votre position sur la candidature de la Turquie à l’Union européenne ?

L’Union européenne a traité la Turquie avec beaucoup de mépris. Parce que les dirigeants européens l’ont laissé espérer une entrée sachant que la majorité de la population est contre l’adhésion turque. J’ai toujours considéré que la Turquie n’avait pas vocation à entrer dans l’UE. Il faut dire clairement les choses. Je remarque que le peuple turc commence à être lucide sur le cauchemar de l’Union européenne, une sorte d’Union soviétique européenne.

Vous êtes contre l’adhésion turque parce qu’il y a une crise économique ou parce que c’est un pays musulman ?

Je pense que la Turquie n’est pas européenne ni historiquement, ni géographiquement, ni culturellement. J’étais contre l’élargissement de l’Union vers l’Europe de l’Est. En considérant qu’il y a énormément de musulmans en Europe, je ne suis pas sûre que le problème de la religion est un des éléments majeurs en l’occurrence. Mais nous avons des problèmes avec le multiculturalisme. On nous a forcé à vivre dans une société multiculturelle qui est aujourd’hui multi-conflictuelle.

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