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Mosquées et Facebook : les deux piliers de la contestation syrienne

Le mouvement populaire opposé au pouvoir syrien s’organise à partir des mosquées et via Facebook, d’après les témoignages de réfugiés syriens à Antakya, dans le sud de la Turquie.

Mercredi, Août 17, 2011 - 15:04

Une réalité qui n’a pas échappé à Damas qui a coupé l’accès internet du pays.

Quand on veut contester le régime du président syrien Bachar al-Assad, on se rencontre d’abord à la mosquée, ou bien sur Facebook, expliquent des Syriens hospitalisés à Antakya, dans le sud de la Turquie, après avoir été blessés par les forces de sécurité syriennes. « Chez nous, les manifestations ont lieu à la sortie de la mosquée, après la prière. ça n’est pas organisé, c’est plutà´t spontané », affirme Akram, un étudiant de 17 ans originaire d’un village proche d’Idlib, dans le nord-ouest de la Syrie. « Les jeunes, les vieux, les femmes, tout le monde participe » ajoute-t-il. L’étudiant a été atteint à la jambe gauche par une balle explosive aux effets ravageurs : deux semaines plus tard, une entaille de plusieurs centimètres de large dévoile encore ses chairs à vif. A Jisr al-Choughour aussi, les mosquées sont le point de départ des manifestations.

« Je discutais avec un ami, et puis plus rien »

« A la sortie de la prière, tous les gens se retrouvent sur une place centrale de la ville pour manifester. Tout le monde connaît le rendez-vous. Même les chrétiens attendent les autres à la sortie des mosquées » relate Rajah, un pà¢tissier de 23 ans originaire de cette ville du nord-ouest. Manque de chance, la répression a atteint ce jour là un niveau inégalé dans la ville : elle a fait 35 morts selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). De ces violences, Rajah n’a rien su. « Je discutais avec un ami, et puis plus rien. Plus tard, on m’a dit qu’une bombe avait explosé près de moi » relate le jeune homme, dont le visage, le torse et les bras sont constellés de brà»lures. Si les mosquées sont le lieu de ralliement des manifestants, le pà¢tissier dément toute récupération de la contestation. Celle-ci n’en a pas moins des leaders, « des gens de la ville qu’on respecte, des anciens, issus de différents milieux » indique le jeune homme.

Facebook et téléphones

Avec sa barbe blanche et sa voix puissante, un des pensionnaires de l’hà´pital d’Antakya, un enseignant d’une cinquantaine d’années blessé par balles aux deux jambes le 20 mai dans un village proche d’Idlib, serait-il un de ces respectables anciens ? « Les manifestations sont organisées sur Facebook, parfois par téléphone quand on en a la possibilité » affirme-t-il. Le régime syrien ne s’y est pas trompé, qui, selon les témoignages de plusieurs blessés, a coupé le téléphone et l’internet à Jisr al-Choughour au cours des derniers jours de violences.

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