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Turquie-UE : réparer les erreurs de Sarkozy

La politique de Nicolas Sarkozy a considérablement affecté le projet de l’adhésion turque à l’Union européenne.

Mercredi, Décembre 12, 2012 - 17:00

Jamais une telle hostilité ne s’était manifestée tout au long des difficiles relations turco-européennes. Enfin, la France sous la présidence de François Hollande commence à réparer les erreurs de Sarkozy. Le premier signal est le retour du mot «adhésion» dans le dictionnaire UE-Turquie. Au cours de son quinquennat, Sarkozy a déployé de nombreux efforts afin que l’expression «adhésion» ne soit pas employée au sujet de la candidature turque a l’UE. Le mot, absent des documents européens sur la Turquie durant ces cinq dernières années sera de retour cette semaine dans le processus des négociations UE-Turquie grâce à l’initiative de Paris. Une autre tentative de sabotage de Sarkozy a été de bloquer cinq des 35 chapitres de négociations entre la Turquie et l’Union européenne. Techniquement, il ne pouvait pas mettre un terme au processus de négociation puisque ceci nécessitait un vote à l’unanimité des 27 pays membres, mais par cette manœuvre, il parvenait au moins à pousser l’opinion publique turque au désespoir. Selon la récente enquête du Centre de recherche européen de l’universite de Bogazici, le pourcentage de Turcs qui ont une perception positive de l’UE a chuté de 69,3 % en 2003 à 47,1 % cette année. Cette baisse de l’enthousiasme des Turcs est en grande partie attribuable à Nicolas Sarkozy et Angela Merkel. François Hollande a une opportunité historique pour renverser cette rupture qui pourrait coûter cher aux futures générations. Au cours du dernier dîner de l’amitié franco-turque organisé par la Plateforme de Paris et la FEDIF (Fédération d’entrepreneurs et de dirigeants de France), à l’Assemblée Nationale, des députés socialistes ont évoqué la période de Sarkozy comme celle d’«un mauvais souvenir». Il est donc temps pour François Hollande de débloquer ces cinq chapitres. Mise en difficulté par le Printemps arabe et la crise syrienne, la Turquie a aujourd’hui une fois de plus besoin de la perspective européenne pour retrouver ses repères dans sa politique extérieure, mais aussi pour résoudre ses problèmes internes et émerger comme un pays pacifique, prospère et stable. De la même manière, l’UE a besoin de la Turquie pour renforcer son potentiel stratégique et politique dans la région.

e.demir@zamanfrance.fr

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